31.3.08

La nouvelle Maryse

L'info essentielle du jour, ce n'est pas la banderole lamentable du match PSG/Lens. Ce n'est pas non plus l'affaire de la fondation Hamon. Ni la situation au Tibet. Ni le renforcement de la présence militaire française en Afghanistan. Que nenni, mes enfants! Car des choses bien plus importantes agitent l'actualité brulante. C'est terrible, c'est inattendu, c'est ébouriffant! Que dis-je, c'est un séisme géostratégique! Et oui, car depuis ce matin, ça y est: c'est Marie-Ange Nardi qui présente le télé-shopping de Té-effe-un!! Laurent Cabrol n'est plus assez sexy au bout de quinze ans aux commandes de cette essentielle émission, du coup on y met du "sang neuf" (Hum). Et ça, c'est un peu la révolution, j'vous ferais dire! Bon, déjà, Marie-Ange Nardi, pour ceux qui ne se souviennent pas, elle a la tête que vous voyez en médaillon ci-contre. Non, ça ne vous dit rien? Ok, je vous comprends. Mais en tant que blogueur recevant régulièrement, entre autres animatrices quadragénaires au physique avantageux, la requête "Marie-Ange Nardi nue" de la part de mes lecteurs pervers de Go*gle, je me dois de corriger cette lacune dans votre culture générale.

Alors Marie-Ange Nardi, c'est un peu à l'animation télévisée ce que Shania Twain est à la chanson (Shania qui??): elle est plus toute jeune, elle ne sert pas à grand'chose, mais comme elle est sympa et plutôt décorative on la garde. C'est comme ça que depuis 20 ans, elle a fait son trou à NotrePays Télévisions, enchaînant les rôles de speakerine, d'animatrice "vedette" (toutes proportions gardées, hein) et de faire-valoir de mecs pleins de charisme genre Patrice Laffont. Et par-dessus tout, ce qu'il faut retenir, c'est sa grande période de gloire, en gros 1996-2000, avec l'émission cultissime de mon collège, juste après les Minikeums sur la 3 et juste avant Melrose Place sur la 1: Qui est qui? Y'a pas à dire, ça c'était de l'émission culturelle, ça déchirait. En gros, t'avais trois candidats tirés au sort dans le public, qui devaient deviner les jobs respectifs de six personnes totalement inconnues. Il y avait une mise en situation de chacun des métiers, et il fallait choisir la bonne personne parmi les six pour la voir à l'œuvre, et ainsi être sûr(e) ou presque de lui attribuer son vrai job à la fin. Vous comprenez?? Parce que j'ai l'impression qu'à lire, c'est relou...

En résumé, à la fin, un des candidats était sauvé par le public (eh ouais, prémisse de la télé-réalité avant l'heure, comme pour Je passe à la télé: mine de rien ils étaient vachement early adopters sur le service public à cette époque): en gros, celui qui avait choisi de mettre des candidats à ce qui semblait être leur vrai poste recevait le plus de voix. C'était démocratique et carrément scientifique, c'était beau. Et pour mettre un peu de piment dans tout ça, il y avait Pépita, une fausse ingénue black totalement filiforme (probablement une comédienne qui cachetonnait), qui animait les fausses épreuves et les résultats finaux. Inouï, n'est-ce pas??! Bon, ok, c'était nul, mais franchement, ils auraient appelé ça Le Jeu des métiers, ça n'aurait pas eu la même aura, avouez.

Donc, Marie-Ange Nardi, c'est un peu l'âme (et non pas le fantasme, ne rêvez pas) de mon adolescence télévisuelle. Par ailleurs, elle faisait la potiche qui énumère les mots dans Pyramide, et elle a repris La Cible quand le body-buildé Olivier Minne a arrêté l'émission. Et puis, peu à peu et mine de rien, elle est moins apparue à la télévision au fil du temps. Le jeu de 17h30, c'est un créneau vachement dur, pour une femme, dans la grille des programmes, c'est pas comme une matinale où tu peux vieillir tranquille façon William Leymergie ou Sophie Davant (d'ailleurs, arrêtez de me réclamer Sophie Davant nue ou dans des tenues de lingerie indécentes, ce n'est plus de son âge!). Donc, à force de trimballer le brushing de Bernadette Chirac et de ne pas passer par la case botox, v'la t'y pas que Marie-Ange Nardi a fini par se retrouver à animer le Millionnaire, chaque midi, pendant environ 4 minutes de glamouritude absolue ("Guy nous vient de Bagnères de Bigorre, il a cinq petits enfants et il aime la pêche! Comment allez vous, Guy?... Super. Allez, Guy, on tourne la roue?... 20.000 euros c'est une très belle somme!"). La gloire, quoi. Du coup, comme ça sentait un peu le placard pour elle, telle Moïse ouvrant la Mer Rouge, elle a fui sur Té-effe-un, dans l'espoir d'un avenir meilleur. Mais bon, elle a un peu pris un poste en placard bis, j'ai envie de dire. Pour la staritude du télé-shopping, on repassera. Mieux payé, peut-être? M'enfin, à sa place, j'aurais quand même négocié la case de Lagaf'... euh, non, pardon, peut-être celle de Jean-Luc Reichmann, alors?

30.3.08

Antihéros

Je ne suis pas spécialement d'avis de faire une critique de film à chaque fois que j'en vois un, donc je ne ferai pas de longues vagues sur le nouveau film de Samuel Benchetrit, sorti en salles ce mercredi. J'ai toujours rêvé d'être un gangster ne partait pas sous les meilleurs hospices, avec sa bande-son qui se la pète (bah ouais, y'a des bandes-sons qui te crient sans cesse "t'entends comme je suis super??!", et c'est généralement vrai qu'elles sont super, mais ça me soûle) et sa pellicule en noir et blanc qui ne sert pas à grand'chose à part à rendre un effet stylisé un chouïa pompeux. Mais bizarrement, j'ai apprécié ce film. Les acteurs, déjà, qui semblent s'être beaucoup amusés de leurs dialogues ciselés. Les petites pirouettes scénaristiques à base de sauts dans le temps et de personnages qui se croisent sans se connaître, aussi, apportent un petit côté Tarantino qui se laisse savourer, pour peu qu'on ne cherche pas à comparer trop longuement. Mais le film a eu le prix du scénario à Sundance, cette année, et honnêtement ça rappelle un peu Pulp Fiction (mais en moins terrible, quand même) par certains aspects.

Mais ce qui fait le charme de ce film, et de beaucoup d'autres, à mon sens, ces derniers temps, ce sont ses personnages. Le cinéma actuel regorge de ces antihéros, personnages un peu marginaux, pas foncièrement bons mais plutôt attachants, qui sont autant de névrosés qu'on nous livre sur pellicule. Les exemples sont nombreux, sur nos écrans, à refuser que les gens soient trop manichéens, ni trop blancs ni trop noirs. J'y vois une sorte de consensualisme politiquement correct, qui pourrait être irritant mais colle assez bien à mon caractère. Les protagonistes agissent tous, ou presque, pour une raison bien laide (le fric), mais révèlent aussi des failles, des peurs, des raisons qui nous poussent à les prendre en sympathie. Edouard Baer m'a toujours soûlé à jouer les dandys moches à humour décalé, mais c'est probablement pour cela, aussi, qu'il plaît. Jean Rochefort et ses potes sont une métaphore poétique et touchante sur les amis et le temps qui passe. Les deux paumés qui enlèvent une gosse de riche sont juste deux pauvres types gentils qui ont eu une idée tordue. Bashung et Arno, dans leurs propres rôles, sont très bien. Pas facile de les détester, pas aidés comme ils le sont tous. Et au milieu de tout ça, une femme, Anna Mouglalis belle et pimbêche à souhait, qui semble être la seule à savoir à peu près ce qu'elle veut et à ne jamais avoir l'air idiote. Benchetrit filme une égérie, héroïne diaphane survolant les histoires de chaque personnage, qui semble un peu perdue parmi tous ces bras cassés. Mais la vraie sympathie, on la réservera au reste du casting.

Les antihéros, c'est un concept simple et assez grossier: ils sont fondamentalement nuls, donc supposés être proches de nous, de nos doutes et de nos névroses qu'ils exorcisent par leur maladresse et leur aspect comique. Et c'est l'un des ressorts les plus éculés du cinéma contemporain que de faire appel à eux. Nous rassurent-ils? Pas forcément. Rarement même. Mais à force de nous jeter leur sympathique médiocrité en pleine face, ils nous laissent entendre que la nôtre est acceptable et que, peut-être, sans être parfaits nous nous en sortirons malgré tout, nous aussi. Et ça, même sans jamais avoir rêvé d'être un gangster (moi j'suis peace and love, my friend!), ça réconforte.

29.3.08

Rétro sur ma semaine "je me fais vieux"

Bon, décidément ce blog est un succès de tous les instants : depuis mon départ mercredi matin, trois commentaires et un post (dont deux commentaires de moi, et le reste de Lilibuzz). Merci les gens, merci public, c’est vous qui me faîtes grandir et espérer. C’est beau. A ce rythme, dans deux semaines, pour marquer le coup de la fin de la vie étudiante, je ferme la boutique, tiens!

Bon, pour ceux que ça a préoccupé un tout petit peu, je vous résume ma demi-semaine d’absence, qui visiblement n’a toujours pas réussi à émouvoir qui que ce soit. Z'allez voir, ma vie est tout à fait fascinante, Pénélope n'est pas la seule à avoir ce privilège. Mais vous êtes curieusement moins nombreux ici que chez elle. Je ne comprends pas. Pour la peine, vous n’aurez même pas droit aux pronoms personnels. Donc :

Mercredi :

- Ai ronflé comme une grosse loque dans le TGV moche même pas designé par Christian Lacroix.

- Me suis régulièrement fait réveiller par la voix du naze qui propose des sandwiches hors de prix et des croissants dans son wagon restaurant (rien que pour ça, je préfère encore crever de faim pendant le trajet que de lui acheter ses machins).

- Ai visité avec ma co-loque survivante moult appartements allant du "potable mais trop cher" au "dans nos prix mais moche".

- Avons eu le coup de cœur du siècle pour ce que nous avions préalablement cru être un taudis, et qui s’est avéré le plus mignon (et le moins cher) des appartements visités jusque-là.

- Suis rentré sur les rotules, le soir, chez Elise, où nous attendait un programme à base de Nouvelle Star (je vous en reparle vite) et de série policière infâme de TF1 sur les crimes sexuels à New York.

Jeudi :

- Me suis levé à la bourre.

- Ai visité d’autres appartements.

- Ai déjeuné au spaghetti bar du Marais avec future co-loque.

- Ai payé dans un café un jus de fruit industriel de 25cl pour la modique somme de 4,70€. Une paille, quoi (je hais Paris).

- Ai cru mourir d’une scoliose foudroyante dans un appartement de Saint-Germain tellement mansardé que Cacahuète s’y sentais claustro. 1300 euros pour avoir l'impression de vivre dans la maison de poupée de Martine, version "la bohème avec beaucoup de fric en plus", finalement on a pas poussé le dossier plus loin

- Ai découvert les joies et les peines du shopping parisien : tout à l’air plus beau, le choix semble plus large, les prix sont déprimants.

- Ai attendu désespérément, toute la soirée, l’appel des proprios de l’appartement "coup de cœur", avec Cacahuète, alors que des gens qui ne m’appellent jamais de leur vie s’acharnaient à vouloir me joindre, précisément ce soir là, sur mon pauvre portable déchargé…

- Me suis fait siffler en douce ma bouteille de flotte par l’autre vorace ("bah quoi, toi, tu bois jamais!").

- Me suis pieuté chez moi, dans mon lit bordelais d’amour, à minuit, comme une grosse crotte.

Vendredi :

- Ai pioncé jusqu’à 11h (Paris, ça fatigue).

- Ai reçu par texto, en guise de réponse pour l'appartement "coup de coeur" de mercredi, un truc du genre: "Finalement on n'a pas retenu votre dossier, désolé hein, et bonne chance pour la suite". Journée de merde qui commence.

- Suis allé en cours, quand même, mais avec Internet sous les yeux, histoire de ne pas être trop concentré.

- Ai été harcelé de mails liés au projet événementiel, que je croyais derrière moi, pourtant, mais non, en fait, ça va vraisemblablement me faire ch*er jusqu’au 11 avril.

- Ai loupé le coche (ô drame, ô désespoir) pour les billets du concert de Mylèèèèèèèène au Stade de France le 12 septembre 2009. En même temps, le 12 septembre 2009, serai-je encore en France, fan de la rousse icône gay, ou même vivant, je vous le demande?? Bon, elle va bien nous ajouter des dates supplémentaires, la vieille, non? Elle a rempli le Stade de France un an et demi en avance en à peine deux heures, alors elle va bien sentir l’opportunité d’en faire un deuxième ou bien?

- Ai raisonnablement bu, le soir, face à des personnes moins raisonnables, dont certaines m’ont lamentablement séquestré chez la grosse Florence à 4 heures du matin. Bonjour la classe!

Samedi :

- Aujourd’hui, donc. Ai été viré de chez la grosse Florence à 11 heures, comme un malpropre.

- Ai tenté de faire acheter une robe de pouffe à Lilibuzz pour le gala (avis aux modasses : où trouver une robe classe + sexy + pas chère ??).

- Ai lamentablement échoué, d’ailleurs.

- Ai aussi échoué à trouver mon futur nouveau costard. Je vis très mal toute cette échouance, comme dirait une ancienne célébrité du loft…

- Vais investir dans des baskets très prochainement, vu que : 1) mes chaussures de ville, deux mois après leur achat, me font toujours mal aux pieds ; 2) c’est peut-être la dernière possibilité que j’ai de porter des chaussures de djeunz en public sans passer pour un stagiaire branleur ; et 3) à Paris, la basket semble revenue en ville, je vais passer pour un provincial pouilleux avec mes chaussures de ville…

- Ai dîné avec des gens affreux dans un resto marocain. Ma vie est un tel calvaire, c’est horrible!

- Suis rentré à 23h20 (bah ouais, séquestré par les autres grosses jusqu’au bout de la nuit, ça m’a traumatisé), pour vous pondre direct un post alors que vous n’êtes même pas là pour le lire. De la véritable masturbation bloguesque. Trop bon, trop con, tiens, vous ne me méritez pas!

26.3.08

Il est des nôtres ...

Et encore un !
Le mois de mars est décidément le mois des anniversaires.
Pas de "leçon de soirée réussie" pour le Lombrick, on lui fait confiance pour remplir ses soirées ...
Il faut dire que depuis son départ pour la capitale de la moule, nos soirées à nous, à Bordal sont moins "loufoques" ... et moins alcoolisées !
Merci pour nos foies, merci pour nos rires d'expression !
En tous cas, mon chou, reste toi même, prends soin de toi, et appelle nous de temps en temps !



Joyeux Anniversaire Lombrick Lubrick !

Re-Paris


Comme vous l'aurez compris, grâce à la fiabilité des agents immobiliers et à la légère saturation du marché, je me dirige tout droit vers le peu enviable sort de SDF parisien. Pour remédier à ce triste état de fait, je pars de ce pas pioncer dans le TGV de 6h27 pour passer les deux prochains jours à courir les appartements, les agences et les particuliers curieux de connaître ma vie privée (et la fréquence de ma consommation de substances licites ou non), et ce en compagnie de la co-loque qui me reste... Je reviens demain soir, très tard, vous allez donc vivre deux jours sans le moindre post, c'est horrible!

Allez, courage à vous, hein!

25.3.08

Le pire, c'est que c'est possible...


Devant l'immense réactivité de mon lectorat face au post de dimanche, je ne me casse pas la tête et livre, en direct d'un cours vraiment passionnant, un post typiquement feignasse: la vidéo Dail*motion qui fait rire. Comment ça, je me foule pas? Bien fait! Z'avez qu'à commenter et venir ici pour autre chose que pour les nichons de Céline Géraud. En ce qui concerne cette petite vidéo, hélas, malgré la polémique suscitée par cet épisode aux Etats-Unis, on n'est pas très loin de la vérité. Cette fille est foutue, je crois. Elle a trop donné aux médias. Ou ils lui ont trop pris.

23.3.08

Happy birthday quand même...

Bon, Petite Marie, toi qui lis si rarement ce blog, j'espère que tu liras ces lignes qui te sont destinées. Alors pour commencer, JOYEUX ANNIVERSAIRE (allez les jeunes, on met un commentaire pour souhaiter un bel anniversaire à la vieille Marie)! Ensuite, quelques conseils pour tes prochains anniversaires, justement, parce que, bon, j'veux pas balancer, mais ta soirée d'hier, c'était un peu la loose intersidérale. Finir sur mon canapé devant le DVD de Florence Foresti avec ton frère en train de ronfler, franchement, à ta place, je ne parlerais plus jamais à aucune des personnes invitées!

Donc, pour les prochaines fêtes, mes conseils:
- prévenir tes invités plus d'une semaine en avance, parce que tu n'as même pas pu te permettre de trier le bon grain de l'ivraie, et franchement je connais quelques absents qui auraient essayé de faire autrement;
- faire ta fête chez toi... ouais, je sais, c'est relou de faire le ménage derrière tous ces porcs alcooliques et ingrats qui viennent te saloper ton parquet, mais j'ai envie de te dire qu'on n'a rien sans rien...
- si vraiment tu tiens à faire la fête dans un bar, choisis un bar gay, on s'occupera mieux de toi!
- c'est ton anniversaire, le jour où tu fais ce que tu veux, où tu n'as à avoir honte de rien. Donc cesse d'être gentille, au moins ce jour là, et habille-toi/comporte-toi comme une pétasse: objectif chope, sinon la fête n'est pas folle;
- sélectionne mieux tes invités, parce que franchement, finir par suivre puis perdre des mecs qui te proposent une partie de débauche à la Bodega sur fond de Rihanna, au-delà de 20 ans, c'est la teu-hon;
- si vraiment la soirée part en sucette, laisse-toi donc entraîner par ton pote Vinsh (ou équivalent homo proche, indispensable à ce genre de soirée ratée) dans les bars pourraves de la Victoire où la moyenne d'âge est de 17 ans: quitte à être pitoyables, autant rigoler un peu;
- sois plus agressive avec le jean slim bleu électrique, individu quasi-parisien qui ose être chez lui en pyjama à 23h30 au lieu d'être à ta fête: la prochaine fois, va le chercher en le chopant par les espadrilles roses s'il le faut, mais assure-toi de sa présence!
- arrête la bière, c'est beauf, et mets-toi au mojito et à la vodka, c'est quand même plus sérieux, et ça rendra tes fins de soirées plus... non, pas drôles, en fait. Mais ça te donnera un certain second degré, qui ne peut qu'aider lorsqu'on se vautre à 0h15 devant un DVD le jour de ses 22 ans;
- enfin, et surtout: tu es née le week-end de Pâques, pas de bol j'ai envie de te dire, mais la prochaine fois fête ton anniversaire un samedi soir où nos ingrats copains ne seront pas chez leurs parents à préparer une messe et un festin pour célébrer le tombeau vide de l'autre mou qui est monté rejoindre son père...

Allez, joyeux anniversaire quand même, je te souhaite plein de belles choses pour l'année à venir, en espérant que dans un an on fêtera ça, à nouveau, ensemble, dans des circonstances un peu plus funky. Ne niaise pas trop sur tous tes potes hétéros, quand même, ça te fait plus de mal que de bien, et les amis ça sert pas à choper. Bon, je te colle Bogart et Bacall pour t'inspirer et trouver un gossbo trop chan-mé qui te fera kiffer en te roulant des galoches langoureuses au clair de lune: tu as un an pour trouver ça. Merci à toi de me donner prétexte à un peu de classe sur ce blog.

22.3.08

Orgueil, préjugés et biloute

Je le dis sans honte: je suis un élitiste puant, par moments, et j'y allais avec le couteau entre les dents, et la conviction quasiment acquise que je vous pondrais un post du genre: eh beh, je me demande comment 12 millions de personnes ont pu aller voir cette daube... Il faut avouer, aussi, que je n'ai pas vraiment de sympathie a priori pour Dany Boon. Il fait partie de ces quelques comiques ultra médiatisés, bons clients des plateaux télévisés, qu'on voit trop et qui laissent reposer leur ultra popularité sur les trois mêmes mimiques poussives depuis des années. Par ailleurs, ses accointances marquées avec Arthur, l'ex animateur comique le plus UMP et le plus insupportable du PAF, avec qui il a notamment partagé l'affiche du Dîner de cons au théâtre, n'arrangent rien. Enfin, et surtout, Camille la vilaine m'avait montré la bande-annonce de Bienvenue chez les ch'tis, toute enthousiaste qu'elle était de pouvoir vanter sa nouvelle région du ch'nord, et franchement le peu que j'avais vu m'avait gonflé. Donc, si une bande-annonce de deux minutes avait réussi à me saouler, vous vous doutez bien que j'étais convaincu par avance de détester ce film. Et j'étais tout aussi persuadé que j'allais adorer le détester, le mépriser, le conspuer, comme je le fais si facilement avec 1) la beaufitude, et 2) les chauvinismes folkloriques régionaux...

Et puis... la mayonnaise a pris, peu à peu et sans que je le veuille vraiment. Bah oui, je viens de le dire, j'avais vraiment envie de ne pas apprécier ce film, pour pouvoir me la jouer "blogueur CSP+++ blasé et tellement au-dessus de cette infâme soupe culturelle". Mais Dany Boon a le sens de la comédie et de la chaleur humaine. Ses comédiens, pas tous des têtes d'affiche, sont touchants de sincérité, et lui en premier. Bon, ses mimiques ch'tis sont aussi insupportables que ce à quoi je m'attendais, mais on s'habitue. Line Renaud, dans la même langue, est plus subtile, je trouve. J'aime bien Kad Merad, aussi, en général (même si je ne l'ai jamais trouvé très drôle, surtout à l'époque où il officiait avec Olivier Baroux). Et là, une fois de plus, il est assez bon. Donc, par sa convivialité et sa mécanique comique pas trop mal huilée, je me suis laissé emporter dans l'histoire, et j'ai trouvé le résultat plutôt sympathique.

Bon, pas d'exagération non plus, hein: c'est sympatoche, mais ça reste de la bonne grosse comédie franchouillarde qui tâche, avec une morale à deux balles (bouh, les préjugés contre une région/une population, c'est mal, et en fait on va se rendre compte en fréquentant tous ces braves gens qu'ils ont dans le cœur le soleil qu'ils n'ont pas dans leur ciel, blablabla, etc. - au passage, ce sont un peu les gens du sud qui passent pour des connards bourrés de préjugés, et beaucoup moins ceux du nord, même si le film sous-entend que les ch'nordistes n'en pensent pas moins). Les gens du nord et les gens du sud-est se sentiront probablement plus concernés par un certain nombre de gags/quiproquos/références que les "apatrides" comme moi. L'intrigue est ficelée juste ce qu'il faut pour que chaque personnage puisse développer un contentieux/un problème, puis pour qu'il puisse le résoudre grâce au concours d'un autre/des autres. Il ressort de tout ça une impression diffuse de mièvrerie agréable, nostalgique d'une certaine solidarité provinciale que nos sociétés glorifiant l'urbanité auraient jetée aux orties. C'est donc un film populaire, qui se laisse bien regarder et qui propose de bons gags, pour peu qu'on soit d'humeur à voir une comédie. De là à mériter 12 millions d'entrées, faut pas non plus déconner. On n'est pas chez mémé, quand même.

20.3.08

Printemps, été, automne, hiver... et printemps

Je n'ai pas vu ce film coréen de Kim Ki-duk sorti en 2004 (j'aime dater les années), parce que je suis rien qu'un beauf parvenu qui se tamponne le coquillard des films coréens, ou asiatiques en général. Bon, j'exagère, disons que c'est pas mon genre de prédilection et que je suis plutôt du genre "bonnes daubes occidentales"... C'est vrai, ça, c'est relou le cinéma asiatique, ça cause à peine, l'action avance à deux à l'heure, et parfois (honte à moi), je confonds deux acteurs entre eux. T'as vu 2046, de Wong Kar-Wai? Bon, et bien outre le scénario absolument chiantissime, l'esthétique bellâtre intello, et l'action qui se déroule archi-lentement sur deux longues heures pour aboutir à une espèce de non-fin toute naze... je confondais les actrices. Même Maggie Cheung, j'ai pas été foutu de voir laquelle c'était. Donc, film coréen (oui, Wong Kar-Wai est hong-kongais, et alors, j't'ai demandé l'heure?) = pas trop mon truc. Mais ce n'est pas l'objet du post.

J'ai déjà fait le coup il y a un an jour pour jour, à croire que le 20 mars ne soit un jour de joie (et une marque de clopes) que pour nos amis tunisiens... Tu l'as peut-être remarqué à ton interface Google toute fleurie ou aux jonquilles que tu cueilles avec une naïveté toute bucolique dans les bois, le week-end venu (quoi, tu fais pas ça?? Espèce de citadin sans racines!): c'est le printemps. Enfin, le printemps... t'as vu la météo? On avait 1°C ce matin, et on s'est pelé les miches toute la journée. C'était à prévoir, tu m'diras, on n'a pas eu d'hiver, on n'aura pas d'printemps ma brave dame.

Bah ouais, mais justement: ça gave son homme. Surtout quand on a une journée de merde.

Alors résumons la situation actuelle:
- on n'a plus d'appart', vu que notre sioupeur agent immobilier a fait visiter et passer un dossier devant le nôtre APRES qu'on ait dit qu'on prenait l'appart'. Bah ouais, on n'avait pas encore signé, du coup on n'était toujours pas prioritaires. Merci mec.
- j'ai foiré mon exam de ce matin. Bon, pas que je l'aie volé, hein, mais ça fait toujours un truc de plus dont je peux me plaindre.
- on a recommencé activement à prospecter le marché immobilier et à se faire envoyer bouler par des standardistes revêches.
- faute de temps, j'ai déjeuné d'un fort peu roboratif sandwich du distributeur automatique du hall. Et ça ne vaut pas un bon thon-crudité-moitié de pot de mayonnaise...
- j'ai tellement de boulot dans les semaines à venir que je ne sais pas comment je vais en venir à bout. C'est comme si on nous avait concentré tous nos exposés et tous nos rendus écrits sur les deux dernières semaines de cours.
- Buffy est morte sur W9, et j'ai loupé ça! Draaaaaame! Bon, mais en fait elle était vivante dans l'épisode d'après, parce que sinon fallait changer le titre de la série et les scénaristes étaient emmerdés.
- je vais devoir dormir sans Poussin encore une fois, et c'est bien la première fois que je ressens son départ de cette façon...

Bon, je vais déprimer en lisant dans mon lit comme une mémé, ça me calmera les nerfs (groumpff... enfoiré d'agent immobilier...).

19.3.08

La minute culturelle et nécessaire de Radio LDP... ou comment le succès peut sauver (au minimum) un look


Mes amis, l'heure est à la tristesse et à la mélancolie: Poussin est reparti cet après-midi à 17h, et à l'heure qu'il est il est encore dans son train pour Strasbourg, puis l'Allemagne. Les côtés désagréables de la séparation me surprennent à chaque fois, j'étais comme surpris de ne pas le trouver à la maison en rentrant, alors même que je venais de l'emmener à la gare. Comme quoi, la mémoire de poisson rouge est bien une tare sévère.

Mais au diable le mélo, tentons de nous distraire (Comment ça, j'ai un exam demain et j'ai rien révisé?? Boooh, pas grave!)! Pour cela, rien ne vaut une bonne lecture culturelle. Du coup, une perle rare m'a sauté aux yeux en kiosque: M Pokora en Une de Têtu, exhibant fièrement son caleçon John Galliano!! Wouhaou, la classe internationale! Pas du tout racoleur, en plus: "Je ne suis plus célibataire!"... Genre, si t'es pas très bien informé sur le jeune homme, tu pourrais presque croire que t'as un coming out en page centrale! Bon, bah nan, hein, jeune homme postpubère en chaleur/jeune donzelle déjà désespérée, c'est bien avec une fille que sort notre brave Matt. Je relève d'ailleurs une curiosité, le prénom "Matt" a rapidement sauté au profit de M, sous le prétexte que Matt Houston, autre génie overclasse du R'n'B, aurait gueulé (Matt qui??). Mais -M-, alors? Il gueule pas? C'est qu'il doit s'en battre, j'imagine! Bref...

Donc, M Pokora, qui pose ce mois-ci avec des sapes de marques (et leurs références en bas de page, comme ça que tu pourras te les acheter pour la modique somme de trois loyers de ton T3 parisien et être looké comme ton idole), c'est le gossbo trop sexy qui "chantait" dans le boys band Linkup formé par l'émission Popstars en 2003. Dans l’émission, à l’époque, il débitait avec sa voix d’ado des idioties du genre "J’suis trop fan des Backstreet Boys, c’était mon premier concert". Je ne comprends pas pourquoi cette casserole ne l’a jamais suivi ensuite. Et puis, ô sort cruel, le groupe s'est séparé (bah ouais, on pensait s'être débarrassés des boys bands depuis 1997, et M6 nous en a recollé une couche, z'ont rien compris, eux!), et Matt est parti en solo nous faire un premier album. Il nous a alors enchaîné des ritournelles à la Rimbaud " Tu es ma n°1 Baby/ Je te suis jusqu'au bout", " Quand j'te vois t'en aller ça m'fait mal/ C'est un bout d'moi qu't'emmènes quand tu m'dis bye bye/ Aujourd'hui ma flamme brûle pour toi/ Mais j'en fais quoi si t'es pas là??" ou "Serveur un verre d'eau stp/ Pas besoin d'alcool pour m'allumer/ Enchanté moi c M.P./ Ma mission le Rn'B", ou encore "Je la laisse roder, elle me lâche pas/ Affamée, elle a fait d' moi sa proie"… Bon, ce néoromantisme me laissant un peu de marbre, il ne me restait plus qu’à m’intéresser au physique du jeune homme.

Hélas, il y a encore du boulot. Bon, c’est pas grave, hein, il a 22 ans (‘tain il est plus jeune que moi, ce p’tit con!), il a encore le temps de mûrir. Brad Pitt était looké comme une merde à 25 ans, c’est un peu ce qui me console à l’idée de vieillir. Alors, résumons un peu ce look. Cheveux courts : 1 point. Barbe, sourcils et contour du front trop taillés : - 1 point. Tatouages : 1 point. Tatouages "goût douteux/je fais du rap" : - 1 point. Corps bien sculpté : 1 point. Fashion victim : - 1 point… Bon, en fait, chaque qualité est annulée par un défaut, on n’en sort pas, décidément y a rien à faire, ce mec ne m’attire pas. Mon côté midinette de 14 ans est mort, et ça c’est plutôt une bonne nouvelle.

Mais voila, la passionnante interview de Têtu, où l’on apprend que M Pok’ (on va se donner des nicknames, maintenant qu’on est potes, hein) n’est pas homophobe, qu’il a une copine, donc, et qu’il a l’impression d’être un fantasme sexuel parce que des cruchasses hystériques abreuvent son MySpace de "j’ai envie de toi" avec leur numéro de téléphone, nous fait savoir en introduction que c’est l’album de la maturité qui sort ces jours-ci! Formidable! On peut donc sans se poser de question se jeter sur MP3, le nouvel opus du Justin Timberlake français… Ou pas, d’ailleurs. Comme le dit lui-même M Pok’, il a pas copié sur Justin, enfin si, mais Justin avant lui avait copié sur Michael Jackson, qui lui-même avait copié sur James Brown, etc. La vache, M Pok’, elle est pas dégueu’, ta lignée! Les chevilles, ça va?

Bon, quand même, positivons : des célébrités qui font la une de Têtu, il n’y en a plus tant que ça, et ça change du poster boy décérébré habituel qui porte un nom américain, est étudiant et mannequin en même temps, vit entre New York, Stockholm et Paris (??) et aime la tarte aux myrtilles (infos passionnantes, non?). Et puis, les chanteurs qui assument ce genre de démarche, pas forcément facile à un âge pareil, méritent un peu de respect malgré tout. Mais pour la maturité musicale, franchement, j’attends encore de voir… Parce que le nouveau chef-d’œuvre Dangerous, produit avec Timbaland (Whouaou, la claaaasse), c’est pas encore du Beckett… ”She’s got the passion/ That girl is dangerous/ Better be careful/ That girl is dangerous/ Beautiful Hard way/ That girl is dangerous/ She’s dangerous, dangerous”


Mais quand même, M Pok', j'te donne ma bénédiction, tant que tu ne te sapes plus jamais comme ça, parce que c'est vraiment trop cheap:




18.3.08

We did it!!

Alors voila. On y est. On l'a fait! Après six mois de tergiversations, de préparation, de galères administratives, de débriefings où l'on se faisait copieusement traiter d'incompétents, de baby-sitting de notre commanditaire qu'il fallait sans cesse rappeler six fois avant qu'il n'ait fait sa part du boulot, on a enfin réussi. Ce soir avait lieu notre examen, pour ainsi dire, le plus prenant: notre projet événementiel a vu le jour. Notre joli forum "professionnel" (un tiers de professionnels et beaucoup de potes pour meubler la salle) est officiellement passé. Et on peut dire que ça a été un succès. Je ne ressentais pas la moindre pression aujourd'hui ("Qu'ils aillent tous se faire f**tre, de toute façon je m'en tape, quoiqu'on fasse on se fera saquer!"), et je me suis même payé le luxe d'une sieste, chose que je ne fais jamais. C'est dire si ça me rendait nerveux. En même temps, je me suis trop débattu contre des murs, depuis six mois, pour croire réellement que j'avais une chance de me retrouver star organisatrice de la réception de l'ambassadeur de l'année. Pas de fric, pas d'intérêt pour le sujet de la conférence, pas de franche familiarité avec mes co-organisatrices (comment aurais-je survécu sans Alex??!), pas de profs compréhensifs ni un tant soit peu formateurs... Ce projet, je le vomissais. Blasé, battu d'avance, je me suis avancé ce soir vers mon sombre destin: assumer la paternité d'un événement cheap, pour lequel je n'avais même pas eu le droit de chercher à trouver un financement, et dont tout le monde se foutrait éperdument.

Et bien, en fait...

J'avais raison, tout le monde s'en foutait éperdument; mes deux futures co-loques m'ont même assené un lapidaire: "Pour nous avoir fait venir à un truc aussi chiant, on considère que tu nous dois un mois de vaisselle!". Merci les filles, je me sens déjà mieux.
Donc oui, globalement, sur le thème de la conférence, on n'a rien pu négocier, et à moins d'être dans le public cible ou de se révéler un spécialiste de la question, c'était difficile de s'éclater. Pour ce qui est de l'organisation de merde, ça a été la galère jusqu'au bout: un des invités "d'honneur" n'a été prévenu/invité qu'hier, et je me suis pointé à la gare avec un quart d'heure de retard pour aller le chercher ce soir. La grande classe. Bref, pas de surprise, à tous ces niveaux-là, c'était un peu foireux.

Mais bizarrement, en mettant un buffet livré par un traiteur un peu plus classe que l'habituel C*sino, et en proposant l'alcool à volonté, on reçoit des compliments de toutes part. Et particulièrement de ceux qui étaient au bord de la pendaison pendant la conférence... C'est fou.

J'aurai au moins appris une chose, dans cette histoire: si je bosse un jour dans l'événementiel, ce sera mondanités alcoolisées ou rien!

16.3.08

Consolation



Bon, c'est une consolation comme une autre, un peu maigre, certes, à côté de l'idée de partir, mais au moins, on quitte une ville de droite pour une ville de gauche; et pour le plaisir, même si ce n'est toujours pas une présidentielle, on savoure enfin une soirée de victoire. Rhooooo, qui a dit que j'étais un petit con embourgeoisé??

J'espère que vous avez voté, les enfants!

15.3.08

S'imprégner de l'esprit...


Je ne vois pas encore la France comme ça. En tant que pseudo-bordelais d'adoption depuis maintenant cinq ans (ou quasiment, mais on va pas chipoter au mois près pour des histoires de concours, non plus), je me prépare psychologiquement au choc parisien depuis maintenant presque un an! Déjà, avant, il me semblait peu probable de rester ici, dans la période suivant immédiatement mon diplôme, et puis, confusément, l'avenir s'est dessiné, et c'est devenu assez inévitable: j'allais passer un moment à Paris. Un an au moins. Peut-être deux, trois, cinq, dix si ça me plaît vraiment, mais alors pour l'instant, je n'en suis pas là du tout. Et ça y est, nous y voila. Cela n'avait jamais pris une tournure aussi concrète, d'ailleurs, d'où une certaine flippette qui s'est emparée de moi depuis hier.

Car oui, hier, les choses ont bougé, et il est désormais acquis (sauf accident dramatique ou erreur administrative scandaleuse), vous pouvez vous en réjouir avec moi, que:
- je serai en stage pendant une période de 11 mois à compter du mois d'avril (les vacances, je me les carre où je pense, c'est pour les feignasses... ah ouais, c'est vrai, je suis une feignasse, comment je vais faire??): oui, je vais jouer les cumulards;
- l'appart' "coup de cœur" de nos visites parisiennes nous est promis pour le 1er avril, me voici donc affublé de deux co-loques pour les mois à venir;
- il ne va plus tarder à être temps, après quelques examens et autres formalités à base d'exposés, de vider mon gentil appartement bordelais, et je sens mon coeur se déchirer à petit feu en regardant la place de la Victoire, la rue Vital-Carles, la place Pey Berland et la rue Porte Dijeaux qui, sous peu, seront des décors du passé;
- ça y est, l'âge adulte va commencer, et je ne suis pas, mais alors vraiment pas prêt...

Vais-je donc, dans les mois à venir, me transformer en pur parisien parisiano-centré, et oublier ma belle Burdigala? Rien n'est moins sûr... Je sais que l'esprit "I love rien, I'm parisien" sied rapidement à beaucoup d'ex-provinciaux qui, avant moi, ont franchi ce pas vertigineux de l'installation dans notre magnifique capitale. Mais moi, j'y vais un peu avec appréhension, voire à reculons. Je ne me sens pas d'affinité ni d'admiration envers cette ville. Je la trouve trop grande, trop speed, trop froide, trop proche de chez moi, trop tape-à-l'œil. J'ai souvent rencontré des gens qui faisaient leurs études à Paris et qui me laissaient entendre que, même en école sélective sur concours, mes études en province étaient de la crotte à côté des leurs, en fac à Assas ou à la Sorbonne, ou même en école privée payée par Papa. Alors j'arrive, amis parisiens, mais vraiment parce qu'il le faut, et limite avec le couteau entre les dents. Et qui sait, peut-être que ça me plaira...

Tiens toi prêt, monde parisien: je ne te changerai pas, mais tu ne me changeras pas non plus! Du "nid de connards", on va te montrer qu'on n'est pas (que) des beaufs, qu'on a rien à envier à tes modasses et à tes follasses, et qu'on n'a pas de complexes!

13.3.08

Il y a des colères qui sont parfaitement saines

C'est une dame très bien qui a dit ça un jour (je vais me faire des ennemis, là). Allez, ça faisait longtemps, vous me la passerez bien. Mais là, un bon cri bestial pour m'extraire de mon snobisme strict, ça me ferait du bien. Et donc, tel une Brigitte Bardot bloguesque, en plus classe et en moins raciste, je pousse un cri face à l'injustice subie par un garçon bien, je pousse un "cri dans le silence" (magnifique ouvrage vomitif que je vous recommande pour mesurer ce qu'est la déchéance d'une icône). C'est quand même dingue: tous les ans, c'est la même chose, depuis que je ne prends plus de vacances l'été au profit de nos amis les patrons! Je leur propose pourtant mon corps, mon âme, mon intellect un peu aussi, juste pour la beauté du geste, sans paie ou presque. Mais non. Pas moyen que ça se passe comme je le veux, c'est une galère de chaque instant, et on dirait que rien ni personne n'est là pour m'aider. A ce jour, toujours pas de stage officiellement établi, toujours pas d'appart', toujours pas de motivation à finir cette année scolaire qui, décidément, n'en finit plus.
Alors voila où j'en suis aujourd'hui: stage potentiel n°1 serait ok, mais je préférerais stage potentiel n°2. L'option "idéale" (signifiant aussi un an de stage sous-rémunéré en vivant à Paris, vous voyez le genre), serait de cumuler les deux stages, bien sûr. Sauf que... je suis obligé de faire le stage potentiel n°1 avant le stage potentiel n°2, pour avoir mon Master validé par le stage n°1 en septembre. Mais voila, le stage n°2 exige d'être le stage qui validera le Master, ce qui est strictement impossible en termes de temps, puisque je le commencerais trop tard (septembre) pour me valider le Master à temps... Alors je vais peut-être devoir laisser tomber le n°1 pour débuter le n°2 plus tôt, mais je ne sais pas si c'est bien ça qui m'arrange le plus.

Beuaaaaargh, je rame trop, là. Bon, je sais, vous allez vous dire: le mec il est chiant, il a deux stages et il est pas content. Bah ouais, mais je sais même pas si c'est le boulot que je veux faire plus tard, et puis d'abord je vous merde. La charmante et avenante demoiselle du service de stage se démène donc à négocier avec mes futurs ex-employeurs, et moi je n'ai toujours pas de convention signée, à maintenant moins d'un mois de la fin des cours.

...

La fin de ma scolarité, et peut-être pour toujours. "C't'abus!", dirait mon frangin.

Et l'appart'? Bah, pas grand chose à en dire: mes parents devaient le voir pour déterminer le montant des travaux à réaliser pour qu'il soit vivable et rendable en état nickel au propriétaire (c'est une des conditions de notre potentiel bail). Ils avaient rendez-vous avec l'agent immobilier à 17h30, sont partis du fin fond de la Seine-et-Marne à 16h, et se sont bouffé les embouteillages du soir. Donc ils étaient en retard, l'agent immobilier les a plantés, ils sont furax et ils m'ont laissé, entre autres cris, une consigne claire: "tu te démerdes!!". Mais, je n'attendais que ça!

... Euh, comment on fait, au fait, pour se démerder?

C'est vraiment trop de boulot de changer de ville.

11.3.08

Looser Card

Il y a des choses qui ne s'achètent pas. Pour tout le reste, il y a Looser Card. Ce soir, j'étais tout à ma joie de voir mon cousin, pour la première fois depuis... pffffiuuu, un bail compte-tenu du fait qu'on habite la même ville et qu'on s'est vus cinq fois en trois ans. Devant la riante perspective de voir un chef d'œuvre du cinéma d'auteur contemporain sur les gens du nord (un film très subtil et pas à la portée du premier con venu, j'en suis sûr), je me pâmais littéralement, gambadant d'un pas léger vers le cinéma d'art et d'essai diffusant cette daube ôde délicate à la culture populaire. Après avoir, au comble du bonheur, fait la queue derrière un vieux schnoque élégant septuagénaire au choix indécis, je me suis présenté, sourire avenant et teint de rose, au chatoyant hôte de caisse. "Bienvenue chez les chtis, s’il vous plaît", tentai-je alors d’éructer avec discrétion pour ne pas qu’on me grille à demander ça troubler la très cosy atmosphère de mon multiplexe. Ce faisant, je dégaine ma merveilleuse carte *** Illimité, faucheuse volontaire des cinémas de quartier, mais accompagnatrice fidèle des cons(ommateurs) finis comme moi.


Dans mon portefeuille, ma carte *** Illimité est rangée dans un des petits rangements à carte, sur le côté, juste sous ma carte de crédit. Oui, ma vie est décidément l’une des plus passionnantes qui ait jamais été racontée sur un blog, je sens l’envie du lecteur, dont les effluves de jalousie à peine contenue remontent jusqu’à mon écran… Bref, je sors ma carte *** Illimité, règle ma place pour ce qui s’annonce être un grand moment de cinéma comique (*toux embarrassée*). Et là, que remarque-je, alors que je m’avance vers l’accorte ouvreuse (qui s’avère en fait être un homme - les valeurs se perdent, ma brave dame, les métiers de potiche s’ouvrent aux hommes) ??


Horreur, malheur, damnation et chanson de Patrick Bruel, ma carte de crédit n’est pas à sa place!! Le premier porte-carte en partant du bas est vide ! Checking express de huit secondes. Dans les autres porte-cartes, rien. Paumé au milieu des tickets de caisse, rien. Glissé dans mon permis, rien. Parmi mes billets et autres restes de carte Orange, rien… Meeeeeeeerde. Le genre de truc qui me contrarie à mort, et pour lequel je suis prêt à baffer la première personne que je croise. Oui, je suis un irrationnel conscient et absolument incapable de se soucier de son impact sur ses contemporains. Donc, si tu m’adresses la parole au moment où je suis énervé pour un truc dont tu n’es ni au courant ni responsable, tu te prends une mandale dans la tronche que même François Bayrou qui se fait faire les poches par un nabot, à côté, c’est de la gnognote.


Conscient, toutefois, de ce microscopique défaut, quelque peu gênant en société, je décide de prévenir mon cousin, déjà installé dans la salle, que je ne vais pas rester. C’est pas pour être impoli, hein, surtout que, bon, il y avait sa copine que je n’avais jamais rencontrée, mais là, je risquais d’être fébrile pendant tout le film et désagréable après.


Une fois dehors, j’appelle la moitié de la terre : "Beuaaaaaaaargh, j’ai perdu ma Mustercard !! Tu m’as vu quand avec, je me rappelle plus ?!". N’étant pas encore à la maison pour faire le nécessaire (opposition sur la carte + me faire buter par ma génitrice lorsque, inévitablement, elle l’apprendra), je rumine. Emploi du temps de merde, je ne me souviens jamais de ce que j’ai fait la veille, ça bouge tout le temps et ça ne m’intéresse même pas…

A l’arrêt de tram, je me dis (pas trop tôt) "Hum, et si je fouillais mon portefeuille un peu mieux?". Et là, en environ 6 secondes... je retrouve ma Mustercard, coincée entre un billet et la carte Orange que j’aurais dû jeter il y a deux semaines.

Moralité triple :

- Je suis passé pour un débile auprès de mon cousin et de sa copine (dont je ne connais pas le prénom, et désormais à peine le profil droit).

- Je n’ai pas perdu ma carte, mais j'ai perdu une bonne occasion d'aller voir un film que je ne voulais pas voir.

- Je suis une merde…


10.3.08

Divine est la musique...

J'ai décidé de faire le coup chaque année, parce que décidément, l'Eurovision, c'est un peu notre loose nationale à nous. Une des seules occasions pour la France d'être anti-chauvine, ça se souligne. Parce que, il faut bien l'avouer, depuis le temps, on en est presque à souhaiter l'échec de notre malheureux candidat français. Celui ou celle qui a le malheur de s'aventurer dans le concours kitsch diffusé par France 3 (une des seules occasions de l'année où je regarde France 3, d'ailleurs) s'assure avec une certitude quasi indiscutable une carrière de has never been, et chaque année, on rit de la nouvelle daube kitsch sélectionnée pour nous représenter. Loin de se plier aux standards européens qui assurent les victoires de la plupart des vainqueurs de l'Eurovision, la France se prête généralement au jeu (un peu hors sujet, ici) du chauvinisme culturel, en proposant une chanson en langue française, interprétée avec plus ou moins de conviction par un ersatz incolore et sans saveur de Céline Dion. Natasha St Pier avait par exemple eu les honneurs du concours en arrivant 4ème en 2001 (notre meilleur score depuis longtemps). Mais en dehors de ce petit exploit (youhou!!), la France se classe généralement dans les cinq derniers, n'empochant même pas systématiquement les pauvres points de Monaco ou d'Andorre. Franchement, c'est la loose en série, ce concours, et c'est aussi pour la gamelle que se ramasse la France chaque année que je regarde! Le décompte des points, pays par pays, prend bien une heure à chaque édition, mais en moins de dix minutes on comprend que la France n'ira guère plus loin que les "France, two points" offerts par la Belgique. Ne reste alors plus qu'à se concentrer sur les trois ou quatre pays (de l'Est, souvent ces dernières années) qui vont se disputer la première place et les "Latvia, twelve points"...

Bref, si je vous parle de l'Eurovision, c'est parce que, dans un élan , enfin, la France propose un artiste qui va chanter en anglais (un peu), et qui est connu au-delà de nos frontières (ah bon?): Sébastien Tellier, avec le morceau électro-pop Divine (oui, tremblez, c'est bien le genre musical que vous croyez), va donc défendre nos fières couleurs devant l'envahisseur dance post-bolchevik! Avec un titre pareil, j'ai peur que ça devienne un tube dans la communauté gay (surtout s'il gagne). Mais y'a pas à dire, après la sélection par SMS du public et la sélection par la Sevran Academy, le choix despotique par France Télévisions, ça vous modernise une candidature! Allez les gars, musicalement, ça sonne années 80, on commence à ressembler à nos concurrents lettons, c'est bon signe!


eurovision france 2008 - Sébastien Tellier - Divine
envoyé par jief75

9.3.08

Vous pouvez reprendre une activité normale ...

ça y est ! Elle est passée.

Ouf, la B.A est faite, et il nous reste à nouveau 365 jours pour y repenser. De quoi que je parle, tu te demandes devant ton écran.

Mais de la Journée de la Femme voyons !

Comme disait le Meilleur d'entre nous, une SEULE journée par an, c'est un peu comme relayer la moitié de la population à une minorité qu'il est tendance de ne pas oublier - du moins, une fois par an.
Quoi, je suis cynique, une journée c'est déjà ça ! Je devrais me contenter et remercier ?!?
Oui ... mais non, merci pour elles. A moins de devenir reine du monde ou que mon futur employeur contredise les chiffres et me paye à salaire égal avec mes collègues couillus.
Enfin, je dis ça, je dis rien. La condition féminine c'est "has been" depuis les Chiennes de Garde et la promotion de la chef des "Ni putes, ni soumises" au gouvernement de Super Sarko.

Alors qu'est ce qu'on en fait de cette Journée de la Femme, tu te dis ?

Et ben, on en fait un concept marketing et puis c'est tout ! Un peu de glamour, un peu de compassion, un peu de clichés, mélanger le tout, laisser reposer une année entière, et à consommer rapidement après ouverture. On rebaptise le concept avant, "Female Day" c'est plus vendeur, t'es gentille et on place le tout dans un joli emballage rose.
Dans la presse écrite féminine, les agences de pub, de comm, le gouvernement (quoi c'est pas pareil ?), les chaînes de télé ... c'est l'occasion idéale de montrer son côté démago et d'être au plus près de sa cible. C'est un peu la fête des Grands mères d'Interfl*ra.
Et le top du top, ce qui serait vraiment encore mieux, ça serait de faire une "Fashion week" de la Femme, deux collections, des grands créateurs, deux tendances par an !
Et pendant ce temps, (à Vera Cruz) merci de ne pas déranger les grands de ce monde !

7.3.08

Ce week-end, votez!

Bon, je préviens d'office, ce n'est pas le post le plus brillant qui ait été fait ici (je me demande si quelqu'un aura un jour le cran, la patience, et surtout la volonté de désigner le post le plus brillant de ce blog tellement magnifique et au rayonnement intersidéral). Mais il répond à un élan simple et en même temps un peu difficile à insuffler chez d'autres à une heure pareille: votez dimanche! (En même temps, pour faire une procuration, si vous n'êtes pas chez vous ce week-end, c'est un peu tard...)

J'avoue, l'enjeu des municipales, si tu vis à Couilly Pont Aux Dames, tu t'en tamponnes un peu le coquillard. Ne riez pas, Couilly Pont Aux Dames existe vraiment, c'est près de chez moi. Oui, on a que des noms de patelins totalement dépravés, en Seine-et-Marne, mais passons, on en parlera un autre jour. Bref, comme je disais, voter pour départager les querelles de clochers des deux ou trois listes apolitiques locales de ton village, c'est un peu useless, a priori. J'ai bien dit a priori. Mais il ne faut pas s'arrêter à ces basses considérations urbano-centrées. Certes, tu n'auras pas droit au sex appeal d'une Ségolène en maillot deux pièces à la plage, ni même à un Nicolas exhibant sa femme-trophée à la Une de Galu ou de Paris Mutch. Mais tu auras bien mieux: tu auras le sexy, quasi-fratricide, duel des Alain (Juppé et Rousset) à Bordeaux! Si ce n'est pas du remake de Romulus et Rémus se disputant Rome, ça! Bon, ok, ils sont pas frères, ceux-là, mais c'est quand même des quasi-sosies de chauvitude avec le même prénom! Tu vas voir que Claire Chazal va s'en emparer pour meubler sa soirée spéciale en attendant les résultats du premier tour dimanche soir! Et toi, là, tu maîtrise cette mythologie rien qu'en t'intéressant à l'enjeu du vote! Bravo.

Ailleurs, ce sera le duel Jean-Claude Gaudin vs. Jean-Noël Guérini, le coude-à-coude jusqu'au bout du suspense, la sueur, l'adversaire qui ne chutera pas avant le KO final: ces deux-là vont être les stars surprises des municipales, tu vas voir! Ce sera encore plus insoutenable que de savoir si Rocky va mettre une trempe à l'armoire en glace d'en face. Et toi, à vibrer d'émotion devant ta télé, tu seras l'Adrienne du vainqueur! Adrieeeeeeeenne!! La mauvaise nouvelle pour toi, c'est que dans Rocky 4, Adrienne elle est morte.

Enfin, il y aura, à coup sûr, le réjouissant spectacle de la taule assurée que va se manger la pauvre Françoise de Panaf' à Paris. Bertrand le tocard aura à peine besoin de parler à l'issue des résultats, tant son aura césaristique t'éclaboussera la rétine! Heureusement, il restera toujours à Françoise la consolation d'être l'héroïne du Grand Journal de Canal. "Hello, I am Françoise de Panafieu. I am a very close friend of Nicolas Sarkozy"...

Epique, j'en ai le ventricule qui palpite d'avance!

Bref, tu l'auras compris, cette élection, comme les élections nationales, d'ailleurs, va faire la part belle aux résultats et aux réactions dans les grandes villes. Tu vas mortellement te faire chier devant ta télé, et en plus tu n'auras pas ton épisode des Experts avant 21h30/22h minimum, avec ces conneries... En résumé, ta soirée télé de dimanche soir est flinguée d'avance, et tu ne pourras même pas te rincer l'œil devant Anne-Sophie Lapix ou Thomas Hugues. C'est moche. Mais franchement, si tu n'as pas voté dans la journée de dimanche, tu seras, pour prolonger ta peine déjà immense, un exclu de la fête, viré de la guest list (la honte), tu ne te sentiras pas cette ferveur quasi-coupedumondedefootistique qui te fera penser: "Bah ouais, mais au moins, j'ai voté, j'ai participé à cette magnifique fête people en votant pour la liste de mon quincailler".

Alors vote! Tu vas voir, c'est peut-être aussi drôle que de voter pour un Star Académicien par SMS: tu peux te désolidariser de la liste officielle retenue pour la tournée, et par la magie du panachage voter seulement contre les moches, si tu veux! C'est quand même vachement cool!

Vinsh, sauveur de la démocratie.

6.3.08

"Il manque un temps à ma vie/ Il manque un temps, j'ai compris/ Il me manque toi..."

Poussin et moi revenons du cinéma. Il y avait une avant-première à l’UGC. Il y a longtemps que je t’aime, de Philippe Claudel. Sur Allociné, le synopsis est le suivant : "Pendant 15 années, Juliette n'a eu aucun lien avec sa famille qui l'avait rejetée. Alors que la vie les a violemment séparées, elle retrouve sa jeune sœur, Léa, qui l'accueille chez elle, auprès de son mari Luc, du père de celui-ci et de leurs fillettes." Voila à peu près tout ce que je savais de ce film, et j’avais surtout envie de le voir pour Kristin Scott-Thomas, une des actrices les plus renversantes du cinéma contemporain à mon sens (avec Jodie Foster, une de mes idoles totally bilingual). Malheureusement, Poussin s’est renseigné plus que nécessaire sur le net, et il m’a un peu flingué le suspense en me dévoilant des éléments clés de l’intrigue. Du coup, je n’ai fait pendant une grande partie du film qu’attendre la scène finale, dont je devinais aisément à quoi elle ressemblerait.

Un gâchis, dites-vous ? Pas tant que ça, en fait, puisque l’enjeu de l’intrigue est du coup devenu assez secondaire dans ma tête : je savais à peu près vers quoi l’histoire tendait, je n’avais donc plus qu’à me préoccuper des péripéties, de la mise en scène et des jeux d’acteurs. En premier lieu, bien sûr, Kristin Scott-Thomas, dans le rôle de Juliette, géniale comme toujours (mais c’est vrai que je ne suis pas très objectif), dont l’évolution lente est un peu le fil rouge du film. Son regard, son allure, tout comme le film lui-même, sont traversés d’une tristesse infinie, dont on comprendra qu’elle est indépassable. Elsa Zylberstein donne une belle contenance à Léa, la petite sœur de Juliette qui l’accueille chez elle, dans sa famille gentiment bourgeoise, limite irritante à force de perfection savamment métissée ("une vraie famille Benetton"). Des gens ordinaires, professions intellectuelles, jolie maison, jolies fillettes adoptées, un papy muet et rigolo, des amis sympas… Bref, ils sont insupportables de bonheur face au masque froid de Juliette et à ses fêlures évidentes. Tout les sépare, rien ne devrait marcher entre ces sœurs, qui ne se sont plus parlé depuis si longtemps. Et pourtant, peu à peu, et non sans accrocs, la magie opère, la chance va peu à peu permettre à Juliette de se reconstruire, de rencontrer de l’écoute, mais aussi le silence dont elle a besoin pour ne pas être trop bousculée. Elle commettra quelques erreurs, dont une dramatique avec le personnage de Fauré, mais réapprendra à vivre, malgré tout. Vers la fin du film, la blessure qui l’a brisée est toujours là, mais peu à peu son visage s’est illuminé, sa posture est moins fuyante, sa vie semble avoir recommencé. J’ai trouvé ça très bien amené, sans trop de pathos ni trop de rapidité.


C’est un beau film, qui parle du retour parmi les vivants, de (ré)insertion sociale, de la famille, de la plus grande douleur du monde, du goût de vivre. Malgré quelques longueurs, cette richesse thématique permet de passer un beau moment auprès de ces actrices (étonnamment crédibles, en sœurs, d’ailleurs : leur ressemblance est assez troublante), qui portent littéralement le film sur leurs frêles épaules. Seul bémol, à mon avis, et de taille : au moment de la révélation finale (que j’avais, donc, comprise avant même que le film ne commence – merci Poussin), le souffle retombe, et lorsque, en sortant de la salle, on réfléchit au trouble que ce film provoque en nous, on réalise aussi que finalement, toute cette histoire (et notamment ce secret révélé dans les dernières minutes) n’est pas très crédible. Ce qui, vous l’avouerez, est quand même bête. C'est que je suis chiant, moi, depuis que je regarde Lost: j'analyse tout, je cherche à comprendre si une situation est possible ou pas, je critique le moindre détail technique zappé par le scénariste... Une vraie teigne! Un film à voir, donc, selon moi et moi-même, essentiellement pour ses actrices et pour son lent cheminement vers la lumière, mais pas forcément pour une soirée ciné funky entre cops’.


5.3.08

One year old, blog! Daddy's proud!

Aujourd'hui, le thème du post a été très facile à trouver. Rien d'exceptionnel, me direz-vous, vu que j'ai succombé au phénomène très tardivement et que, du coup, des centaines d'autres blogs ont connu ça avant celui-ci. Mais tout de même, signalons-le, car beaucoup d'autres blogs (dont certains lancés par moi-même) ont connu une durée de vie bien plus courte. Une telle longévité se salue: ce blog a aujourd'hui un an. Il y a un an, jour pour jour, je rédigeais, d'une main et d'un style hésitant que je trouve risible aujourd'hui, le tout premier post écrit ici. J'y disais, tel une Carla Sarkozy avant l'heure, que je ferais de mon mieux, et je crois ne pas avoir déçu les franç... euh, les lecteurs, à ce niveau-là. J'espère que vous m'avez trouvé suffisamment inspiré, réactif, régulier, agréable à lire, sympa. Ne rayez pas la mention inutile.

Alors, pour marquer le coup, je vais dévoiler un petit secret lié à la naissance de ce blog: il y a quelques blogs que je lisais bien avant de créer celui-ci, et qui, chacun à leur manière, m'ont donné l'envie de me lancer. Une envie qui m'a titillé au cours de l'été 2006 (été mythique pendant lequel je harcelais pas mal de personnes, dont les contributeurs de ce blog, d'une bonne dizaine de mails collectifs par jour pour leur raconter ma vie, au risque de me les mettre à dos). Et puis, le 5 mars 2007, je me suis enfin lancé, après m'être creusé la tête pour trouver un nom débile à ce blog, ainsi qu'un quelconque objectif. Finalement, la futilité, voire l'inutilité flagrante du phénomène m'explosant au visage, ce fut le terme "cercle futile" qui fut testé et approuvé par Blogger, pour un blog sans prétention aucune, adressé à tout le monde et à quelques personnes en même temps.

Et parmi ses "papas-blogs", qui l'ont inspiré ou pas, et qui restent de toute façon radicalement différents, on compte:

- POC la téléphage: pour le ton et l'obsession maladive de la télévision, qui ne se reflète pas tellement sur ce blog au bout du compte, mais qui m'amuse énormément chez cette demoiselle au style irrévérencieux et aux analyses satiriques souvent très justes. En plus, j'étais en stage à Toulouse lorsque, m'embêtant royalement par une belle journée de juillet, j'ai découvert ce blog et cette toulousaine. Moi je dis, c'est le destin... ou pas.

- Vingtenaires: parce que c'est un blog collectif, avec une administratrice, Nina, qui écrit plus souvent que les autres, et quelques potes à elle, rédacteurs occasionnellement motivés, ça rappelle un peu ce blog, non? Enfin, moi, quand je les lisais, c'était un peu le genre de format que je voulais pour ici. Au bout du compte, il n'y a plus guère que moi pour écrire ici, vu que tous mes co-rédacteurs sont débordés/ont laissé tomber. Mais bon, j'y crois encore!

- Matoo: pour la richesse langagière et de contenu, qui va du cinéma aux bouquins en passant par le théâtre, les expositions et la vraie vie. J'aurais bien aimé, comme lui, parler un peu moins de ma gueule et un peu plus de culture, mais que voulez-vous, on ne se refait pas. Je continue de vous encourager à y aller.

- Gauthier: découvert par hasard sur son ancien blog, j'ignorais qu'il était une star de la pédé-blogosphère, mais j'aimais bien le ton. Et c'est vrai qu'ici, c'est un peu un pédé-blog (avec des rédactrices FAP). Mais je dois admettre que, n'étant ni célibataire, ni une bombe sexuelle enchaînant les conquêtes, ni addict à toutes les substances dangereuses de la création, je livre des posts un peu moins sexys. Boh, c'est une autre ambiance!

- Larouquine: si ce blog parlait de cul, j'aimerais le faire aussi bien que Larouquine, qui pour son jeune âge a un palmarès étonnant et garde vraiment la tête froide, à gérer un blog aussi chaud (et ses quelques lecteurs tordus)! En même temps, ce blog a le bon goût de ne jamais basculer dans la vulgarité gratuite, et de parler de plaisir féminin sans tabou. Voila qui expliquera à Cacahuète pourquoi ses histoires d'orgasmes me laissent de marbre!

- Room de luxe: blog aujourd'hui disparu, dont les brefs posts complètement désenchantés, suicidaires et poétiques n'étaient pas du tout du même ton ni de la même qualité littéraire que ce blog, mais je le lisais souvent.

- Pink Martini the first: blog disparu aujourd'hui également (quoique, il y a à présent à la même adresse un blog zarb en anglais auquel je ne pige rien). Le ton ressemblait un peu à ce qu'il y a ici, le jeune homme était gay, fleur bleue et pas prise de tête. Dommage que cela ait cessé. Je n'avais pas très bien suivi, mais apparemment, il avait eu un grave accident, des amis à lui donnaient des nouvelles de temps en temps en écrivant un post, et puis un jour, je suis revenu... et plus rien. C'est triste, parce que c'était un mec jeune, sympa, et que son blog était peut-être, de tous ceux que je viens de citer, celui qui ressemblait le plus à celui-ci...


Voila, c'est en lisant ces gens que j'ai réussi à me convaincre que non, le blog ce n'est pas un truc complètement nul. C'est vrai que ça ne sert pas à grand'chose, mais c'est agréable de lire les gens, ce qu'ils ont envie de partager, leurs coups de gueule, leurs histoires, leurs coups de coeur. C'est une vision bien niaise, mais après tout, lecteur, ne faut-il pas être un peu niais pour lire ces lignes?

4.3.08

Frustré

J'y ai pensé toute la journée.
- Pendant le premier cours, où je me suis pointé en retard et où j'ai distraitement écouté en me disant "Décidément, comment vais-je réussir à réviser un truc aussi fouilli?? Il est vraiment sympa, hein, mais quand même, je suis complètement paumé: son cours est censé aller dans quelle direction? Et c'est quoi le rapport avec notre Master?".
- Pendant le second cours, aussi, en pensant "Oh la la, qu'est-ce qu'elle me soûle, Charlotte Gainsbourg, avec son charabia psy et sa tronche de dépressive anorexique. Heureusement que j'ai Internet...".
- Pendant le déjeûner, en prenant le bec à la grosse Florence pour penser à autre chose: "Naaaaaan, c'est i-nad-mis-sible de sécher les cours!!... Mais si, je sais bien que c'est ta pote, mais je te dis que c'est le prototype de la connasse arriviste, cette meuf!".
- Pendant le debrief d'événementiel, où nous avons encore réussi à faire la démonstration de notre impopulari... euh, de notre grande incompétence pendant trois quarts d'heure.
- Puis pendant le boulot avec Aurélie, Alex et Cacahuète, malgré les fous rires incontrôlables. Les nerfs lâchent, je crois. Et ça ne fait que deux jours qu'on a repris. Il faut vraiment qu'on se barre.

Et puis je suis rentré, et après environ deux heures d'attente (une misère, pas du tout de quoi devenir dingue), enfin, c'est arrivé. Il m'a rappelé. 14 jours après notre entretien, et apparemment après avoir négocié sec avec les RH, il m'a enfin rappelé. Pour me dire que ma date de disponibilité du 14 avril ne convenait pas à la boîte, et donc que ça n'allait pas être possible. Le quota de stagiaires à gérer, tout ça. Pour me rassurer, il m'a affirmé qu'il gardait mon dossier sous le coude, qu'il était archi-favorable à ma candidature et qu'il me mettait en priorité pour me faire entrer quand ça sera possible. En gros, que mon dossier allait prendre la poussière dans un placard à CV "intéressants" qu'on ne ressort jamais, avant de les oublier. Un seul détail lui avait échappé, et telle ma dernière carte, je l'ai abattu: je n'ai jamais exigé de commencer le 14 avril, je suis simplement disponible à partir de cette date. Ce qui signifie que je peux aussi bien commencer en mai, juin, voire juillet. Le seul détail vraiment important, au bout du compte, c'est d'y être pour 4 mois minimum... "Ah? Mais ça change tout alors! Bon, je vais revoir avec les RH, je vous rappelle dans une semaine!"

Et pan!

Je crois n'avoir jamais été autant insatisfait d'une lueur d'espoir. Si tout avait été normal, ce post se serait intitulé "Stagiaire!!", ou "Déçu". Là, je viens seulement de m'en reprendre pour une semaine d'attente supplémentaire dans les dents. Et croyez le ou non, ça me scie tellement que je me demande si je n'aurais pas préféré un non... Jamais content.

3.3.08

Silencieusement

Je voudrais pas balancer, mais bon, je m'étonne de voir le peu de réactions et de commentaires dans les médias. Certes, on s'y attendait un peu, mais tout de même, j'ai l'impression que tout le monde s'en tape royalement, comme résigné à ce qu'un des plus importants pays du monde devienne, sous nos yeux et sans qu'on puisse rien y faire, une démocratie qui se fout de la gueule du monde. Une dictature, quoi. L'homme que vous voyez sur cette photo, et dont le visage ne vous deviendra pas nécessairement familier dans les prochaines années s'il est réellement appelé à devenir un pantin, est Dmitry Medvedev. Hier, 70,23% des suffrages exprimés en ont fait le nouveau Président de la Russie. Out Poutine? Non, vous le savez bien. Comme tout le monde, vous avez lu/entendu que notre pote Vlad reviendra en 2012, n'ayant pas le droit de briguer un troisième mandat présidentiel consécutif après ceux de 2000 et de 2004.

Bon, tout ça, on le sait, et on ne dit pas grand'chose parce qu'il n'y a pas grand'chose à dire. Ce n'est pas chez nous que ça se passe. Intervenir contre une élection étrangère est (fort heureusement) légalement et diplomatiquement exclu. Mais quand même, moi qui regarde peu les émissions de débats politiques, je constate que les émissions mainstream (je pense à nos fiers JT ou à nos gratuits chéris du matin) ne semblent guère s'en indigner. Enfin, si, mais à demi-mot. Comme résignés à décrire, cliniquement, froidement, cette réalité politique bien triste, cette plaisanterie "démocratique", dans un pays où liberté de presse et autres libertés fondamentales tentent de composer avec l'arbitraire... Alors je me dis, s'il n'y a pas de sensibilisation du grand public à ce genre de questions tout de même relativement scandaleuses, s'il n'y a personne pour s'indigner de voir le président du conseil de direction de Gazprom, fantoche de Poutine, devenir Président de ce qui reste tout de même une puissance mondiale importante, sans concurrence politique crédible lors du scrutin, et bien moi, de cette modeste plateforme bloguesque, je le ferai. Et je m'indigne.

Alors, on pourra bien me dire que Medvedev est plutôt libéral à côté de son prédécesseur. Je répondrai: bah ouais, pas trop dur. J'attends de voir, après tout je sais bien peu de choses de cet homme, et la politique russe n'est pas ma spécialité. Donc, je conclus sur une note d'espoir, en me disant qu'après tout, il est possible que ce nouveau Président imprime, malgré tout, sa "patte" sur sa politique à venir. J'espère que le régime sera, peu à peu, appelé à évoluer sur certaines de ses positions. Que les Droits de l'Homme seront enfin une question abordée sereinement. Que les horreurs du conflit avec la Tchétchénie seront un jour considérées comme des heures sombres. Que la journaliste Anna Politkovskaïa, assassinée le 7 octobre 2006, n'aura pas eu une mort vaine, et que son nom symbolisera, un jour, un passé politique vers lequel la Russie ne souhaitera plus aller.


PS: c'était le post relou du jour, bonjour! Je l'ai déjà dit, on n'est pas obligés de dire que des âneries sur la télé et les sapes, ici. Au passage, petit rappel: la guerre, c'est moche.

2.3.08

Génie inaccessible

Comment meubler un post, lors d'un dimanche sans grande inspiration? En signalant simplement un événement futile. Aujourd'hui, 2 mars, marque la fin de la semaine des défilés automne-hiver 2008 à Paris. Ouais, la fashion week, c'est exactement ça, je vois que tu suis. Une fois de plus, et bizarrement, ça ne m'a pas interpelé du tout. C'est étrange, tout de même, de se la jouer addict aux fringues et aux chaussures, et de n'en avoir rien à battre des défilés ni de la fashion week... Je n'ai même jamais réussi à tenir plus de trois minutes devant Fashion TV, ça me soûle.

Bof, pour moi, ça reste de l'art, un peu au même titre que de la sculpture, mais pas vraiment de la fringue. Il y a de jolies choses, presque mettables, mais c'est tout de même souvent loin du quotidien. C'est donc artistique, ça embellit des objets quotidiens d'une touche de créativité qui, de banals, les fait passer à exceptionnels. Voire absolument impossibles à porter dans la vraie vie, même pas lors des réceptions de l'ambassadeur entre une coupe de champagne et un Ferr*ro Rocher... Du coup, j'ai du mal à me sentir concerné, là comme ça à froid. Franchement, pour l'aspect "influence sur les collections de prêt-à-porter de la saison prochaine", je n'ai jamais vu en quoi les défilés parisiens, milanais ou new-yorkais se répercutaient sur les vitrines de nos magasins préférés. La couleur à la mode, à la limite, mais sincèrement, au-delà de ce genre de considérations, vous vous voyez aller chez Z*ra, aux Galeries Lafay*tte, ou même chez Diur, et ressortir en portant ça:

ou ça?

ou ça?

ou encore ça?


Honnêtement, je ne suis pas certain d'être assez en admiration devant les grands couturiers pour oser tout ça. Il y a à mon sens une véritable mise en danger de soi et de son look, à vivre parmi ses contemporains avec ce genre de vêtements. Et puis, ce doit être horriblement inconfortable. Non, vraiment, je crois que pour le moment, je vais rester un pouilleux qui s'habille avec des habits qui coûtent moins cher qu'un rein. Mais qui sait, un jour, peut-être...

1.3.08

Leçon de charme

Mars… Comment est-ce possible ? Comment peut-on être en mars? 2008, qui plus est?? Le temps m’a définitivement échappé, c’est maintenant une certitude. Et l'attente d'un stage est véritablement devenue ma seule obsession. Retour en arrière, hier, 29 février, un jour comme il n’y en a que tous les quatre ans, a priori. Si seulement…

9h30 : réveil… Poussin tient à rester au lit encore un peu, c’est difficile de s’extirper.

10h15 : debout. Pitié, appelle-moi !

11h : départ chez Petite Marie et Alphonsine pour le brunch. Appelle-moi, bordel !

12h30 : malgré le bruit ambiant, je fixe mon téléphone. Bon, tu es sûrement parti déjeuner. Allez, pose ta fourchette, prends ton portable, appelle-moi et dis-moi que c’est bon, y’en a pour dix secondes…

14h : Bon, tu es rentré de déjeuner, là !

15h30 : Arrivé à l’aéroport pour accueillir Macha. Rhaaaaaaa, appelle-mooooooiiii !

17h : Téléphoneuh mouaaaaaaaah, appelleuh mouaaaaaah et dis mouaaaaah… que tu m’aimes, que tu m’aimes… Nicole Croisille, sors de mon corps !!

17h13 : Le téléphone sonne. Un numéro inconnu. C’est toi, je le sens… Ah, non, en fait, c’est une autre boîte.Tu aimes faire durer le suspense, ou quoi ? Un nouvel entretien en perspective, un nouvel espoir. Le neuvième depuis janvier, aucun n'ayant abouti à ce jour. Mais toujours pas ce coup de fil que j’attends depuis plus d’une semaine.

17h29 : Sonnerie. Décrochage en quatre secondes. On y est. La voix est claire et distincte, le réseau passe bien. Pourtant, la réponse est tout sauf ce que j’attendais : réponse mardi soir.


Voila ce qu’est donc ma vie, pour quatre jours encore : attendre la réponse que je voulais absolument. Je marine, je marine. Je serai bien docile et soumis, tanné par l'attente et le désespoir, une fois qu’on m’aura dit oui…


Alors, à mon futur boss, et à tout employeur susceptible de chercher un stagiaire jeune, dynamique et prêt à toutes les compromissions et coucheries pour y arriver motivé : je n’attends que vous, je serai poli, compétent, motivé, toujours sur la brèche, jamais fatigué ni lassé. Je ferai le café, les photocopies. Je ne rechignerai pas à rester bosser jusqu’à 22h 19h. Je ferai preuve de la meilleure volonté du monde. Je vous complimenterai tous les jours sur vos vêtements, vos cheveux, votre peau et votre dentition. Je serai le fils que vous n’avez jamais eu. Vous ne pourrez plus vous passer de moi. Vous vous demanderez comment vous viviez avant mon arrivée. Même Pequena Mierda passera pour un monstre d’impatience à côté de moi. Je serai le stagiaire exploité le plus heureux de la planète, bête et discipliné, je prendrai même les coups de téléphone perso. Je serai votre assistant dévoué, votre mémoire, et je ferai le boulot de mon propre poste en plus.



Je ne comprends pas. Pourquoi vous ne me dîtes pas oui ???