31.3.08

La nouvelle Maryse

L'info essentielle du jour, ce n'est pas la banderole lamentable du match PSG/Lens. Ce n'est pas non plus l'affaire de la fondation Hamon. Ni la situation au Tibet. Ni le renforcement de la présence militaire française en Afghanistan. Que nenni, mes enfants! Car des choses bien plus importantes agitent l'actualité brulante. C'est terrible, c'est inattendu, c'est ébouriffant! Que dis-je, c'est un séisme géostratégique! Et oui, car depuis ce matin, ça y est: c'est Marie-Ange Nardi qui présente le télé-shopping de Té-effe-un!! Laurent Cabrol n'est plus assez sexy au bout de quinze ans aux commandes de cette essentielle émission, du coup on y met du "sang neuf" (Hum). Et ça, c'est un peu la révolution, j'vous ferais dire! Bon, déjà, Marie-Ange Nardi, pour ceux qui ne se souviennent pas, elle a la tête que vous voyez en médaillon ci-contre. Non, ça ne vous dit rien? Ok, je vous comprends. Mais en tant que blogueur recevant régulièrement, entre autres animatrices quadragénaires au physique avantageux, la requête "Marie-Ange Nardi nue" de la part de mes lecteurs pervers de Go*gle, je me dois de corriger cette lacune dans votre culture générale.

Alors Marie-Ange Nardi, c'est un peu à l'animation télévisée ce que Shania Twain est à la chanson (Shania qui??): elle est plus toute jeune, elle ne sert pas à grand'chose, mais comme elle est sympa et plutôt décorative on la garde. C'est comme ça que depuis 20 ans, elle a fait son trou à NotrePays Télévisions, enchaînant les rôles de speakerine, d'animatrice "vedette" (toutes proportions gardées, hein) et de faire-valoir de mecs pleins de charisme genre Patrice Laffont. Et par-dessus tout, ce qu'il faut retenir, c'est sa grande période de gloire, en gros 1996-2000, avec l'émission cultissime de mon collège, juste après les Minikeums sur la 3 et juste avant Melrose Place sur la 1: Qui est qui? Y'a pas à dire, ça c'était de l'émission culturelle, ça déchirait. En gros, t'avais trois candidats tirés au sort dans le public, qui devaient deviner les jobs respectifs de six personnes totalement inconnues. Il y avait une mise en situation de chacun des métiers, et il fallait choisir la bonne personne parmi les six pour la voir à l'œuvre, et ainsi être sûr(e) ou presque de lui attribuer son vrai job à la fin. Vous comprenez?? Parce que j'ai l'impression qu'à lire, c'est relou...

En résumé, à la fin, un des candidats était sauvé par le public (eh ouais, prémisse de la télé-réalité avant l'heure, comme pour Je passe à la télé: mine de rien ils étaient vachement early adopters sur le service public à cette époque): en gros, celui qui avait choisi de mettre des candidats à ce qui semblait être leur vrai poste recevait le plus de voix. C'était démocratique et carrément scientifique, c'était beau. Et pour mettre un peu de piment dans tout ça, il y avait Pépita, une fausse ingénue black totalement filiforme (probablement une comédienne qui cachetonnait), qui animait les fausses épreuves et les résultats finaux. Inouï, n'est-ce pas??! Bon, ok, c'était nul, mais franchement, ils auraient appelé ça Le Jeu des métiers, ça n'aurait pas eu la même aura, avouez.

Donc, Marie-Ange Nardi, c'est un peu l'âme (et non pas le fantasme, ne rêvez pas) de mon adolescence télévisuelle. Par ailleurs, elle faisait la potiche qui énumère les mots dans Pyramide, et elle a repris La Cible quand le body-buildé Olivier Minne a arrêté l'émission. Et puis, peu à peu et mine de rien, elle est moins apparue à la télévision au fil du temps. Le jeu de 17h30, c'est un créneau vachement dur, pour une femme, dans la grille des programmes, c'est pas comme une matinale où tu peux vieillir tranquille façon William Leymergie ou Sophie Davant (d'ailleurs, arrêtez de me réclamer Sophie Davant nue ou dans des tenues de lingerie indécentes, ce n'est plus de son âge!). Donc, à force de trimballer le brushing de Bernadette Chirac et de ne pas passer par la case botox, v'la t'y pas que Marie-Ange Nardi a fini par se retrouver à animer le Millionnaire, chaque midi, pendant environ 4 minutes de glamouritude absolue ("Guy nous vient de Bagnères de Bigorre, il a cinq petits enfants et il aime la pêche! Comment allez vous, Guy?... Super. Allez, Guy, on tourne la roue?... 20.000 euros c'est une très belle somme!"). La gloire, quoi. Du coup, comme ça sentait un peu le placard pour elle, telle Moïse ouvrant la Mer Rouge, elle a fui sur Té-effe-un, dans l'espoir d'un avenir meilleur. Mais bon, elle a un peu pris un poste en placard bis, j'ai envie de dire. Pour la staritude du télé-shopping, on repassera. Mieux payé, peut-être? M'enfin, à sa place, j'aurais quand même négocié la case de Lagaf'... euh, non, pardon, peut-être celle de Jean-Luc Reichmann, alors?

30.3.08

Antihéros

Je ne suis pas spécialement d'avis de faire une critique de film à chaque fois que j'en vois un, donc je ne ferai pas de longues vagues sur le nouveau film de Samuel Benchetrit, sorti en salles ce mercredi. J'ai toujours rêvé d'être un gangster ne partait pas sous les meilleurs hospices, avec sa bande-son qui se la pète (bah ouais, y'a des bandes-sons qui te crient sans cesse "t'entends comme je suis super??!", et c'est généralement vrai qu'elles sont super, mais ça me soûle) et sa pellicule en noir et blanc qui ne sert pas à grand'chose à part à rendre un effet stylisé un chouïa pompeux. Mais bizarrement, j'ai apprécié ce film. Les acteurs, déjà, qui semblent s'être beaucoup amusés de leurs dialogues ciselés. Les petites pirouettes scénaristiques à base de sauts dans le temps et de personnages qui se croisent sans se connaître, aussi, apportent un petit côté Tarantino qui se laisse savourer, pour peu qu'on ne cherche pas à comparer trop longuement. Mais le film a eu le prix du scénario à Sundance, cette année, et honnêtement ça rappelle un peu Pulp Fiction (mais en moins terrible, quand même) par certains aspects.

Mais ce qui fait le charme de ce film, et de beaucoup d'autres, à mon sens, ces derniers temps, ce sont ses personnages. Le cinéma actuel regorge de ces antihéros, personnages un peu marginaux, pas foncièrement bons mais plutôt attachants, qui sont autant de névrosés qu'on nous livre sur pellicule. Les exemples sont nombreux, sur nos écrans, à refuser que les gens soient trop manichéens, ni trop blancs ni trop noirs. J'y vois une sorte de consensualisme politiquement correct, qui pourrait être irritant mais colle assez bien à mon caractère. Les protagonistes agissent tous, ou presque, pour une raison bien laide (le fric), mais révèlent aussi des failles, des peurs, des raisons qui nous poussent à les prendre en sympathie. Edouard Baer m'a toujours soûlé à jouer les dandys moches à humour décalé, mais c'est probablement pour cela, aussi, qu'il plaît. Jean Rochefort et ses potes sont une métaphore poétique et touchante sur les amis et le temps qui passe. Les deux paumés qui enlèvent une gosse de riche sont juste deux pauvres types gentils qui ont eu une idée tordue. Bashung et Arno, dans leurs propres rôles, sont très bien. Pas facile de les détester, pas aidés comme ils le sont tous. Et au milieu de tout ça, une femme, Anna Mouglalis belle et pimbêche à souhait, qui semble être la seule à savoir à peu près ce qu'elle veut et à ne jamais avoir l'air idiote. Benchetrit filme une égérie, héroïne diaphane survolant les histoires de chaque personnage, qui semble un peu perdue parmi tous ces bras cassés. Mais la vraie sympathie, on la réservera au reste du casting.

Les antihéros, c'est un concept simple et assez grossier: ils sont fondamentalement nuls, donc supposés être proches de nous, de nos doutes et de nos névroses qu'ils exorcisent par leur maladresse et leur aspect comique. Et c'est l'un des ressorts les plus éculés du cinéma contemporain que de faire appel à eux. Nous rassurent-ils? Pas forcément. Rarement même. Mais à force de nous jeter leur sympathique médiocrité en pleine face, ils nous laissent entendre que la nôtre est acceptable et que, peut-être, sans être parfaits nous nous en sortirons malgré tout, nous aussi. Et ça, même sans jamais avoir rêvé d'être un gangster (moi j'suis peace and love, my friend!), ça réconforte.

29.3.08

Rétro sur ma semaine "je me fais vieux"

Bon, décidément ce blog est un succès de tous les instants : depuis mon départ mercredi matin, trois commentaires et un post (dont deux commentaires de moi, et le reste de Lilibuzz). Merci les gens, merci public, c’est vous qui me faîtes grandir et espérer. C’est beau. A ce rythme, dans deux semaines, pour marquer le coup de la fin de la vie étudiante, je ferme la boutique, tiens!

Bon, pour ceux que ça a préoccupé un tout petit peu, je vous résume ma demi-semaine d’absence, qui visiblement n’a toujours pas réussi à émouvoir qui que ce soit. Z'allez voir, ma vie est tout à fait fascinante, Pénélope n'est pas la seule à avoir ce privilège. Mais vous êtes curieusement moins nombreux ici que chez elle. Je ne comprends pas. Pour la peine, vous n’aurez même pas droit aux pronoms personnels. Donc :

Mercredi :

- Ai ronflé comme une grosse loque dans le TGV moche même pas designé par Christian Lacroix.

- Me suis régulièrement fait réveiller par la voix du naze qui propose des sandwiches hors de prix et des croissants dans son wagon restaurant (rien que pour ça, je préfère encore crever de faim pendant le trajet que de lui acheter ses machins).

- Ai visité avec ma co-loque survivante moult appartements allant du "potable mais trop cher" au "dans nos prix mais moche".

- Avons eu le coup de cœur du siècle pour ce que nous avions préalablement cru être un taudis, et qui s’est avéré le plus mignon (et le moins cher) des appartements visités jusque-là.

- Suis rentré sur les rotules, le soir, chez Elise, où nous attendait un programme à base de Nouvelle Star (je vous en reparle vite) et de série policière infâme de TF1 sur les crimes sexuels à New York.

Jeudi :

- Me suis levé à la bourre.

- Ai visité d’autres appartements.

- Ai déjeuné au spaghetti bar du Marais avec future co-loque.

- Ai payé dans un café un jus de fruit industriel de 25cl pour la modique somme de 4,70€. Une paille, quoi (je hais Paris).

- Ai cru mourir d’une scoliose foudroyante dans un appartement de Saint-Germain tellement mansardé que Cacahuète s’y sentais claustro. 1300 euros pour avoir l'impression de vivre dans la maison de poupée de Martine, version "la bohème avec beaucoup de fric en plus", finalement on a pas poussé le dossier plus loin

- Ai découvert les joies et les peines du shopping parisien : tout à l’air plus beau, le choix semble plus large, les prix sont déprimants.

- Ai attendu désespérément, toute la soirée, l’appel des proprios de l’appartement "coup de cœur", avec Cacahuète, alors que des gens qui ne m’appellent jamais de leur vie s’acharnaient à vouloir me joindre, précisément ce soir là, sur mon pauvre portable déchargé…

- Me suis fait siffler en douce ma bouteille de flotte par l’autre vorace ("bah quoi, toi, tu bois jamais!").

- Me suis pieuté chez moi, dans mon lit bordelais d’amour, à minuit, comme une grosse crotte.

Vendredi :

- Ai pioncé jusqu’à 11h (Paris, ça fatigue).

- Ai reçu par texto, en guise de réponse pour l'appartement "coup de coeur" de mercredi, un truc du genre: "Finalement on n'a pas retenu votre dossier, désolé hein, et bonne chance pour la suite". Journée de merde qui commence.

- Suis allé en cours, quand même, mais avec Internet sous les yeux, histoire de ne pas être trop concentré.

- Ai été harcelé de mails liés au projet événementiel, que je croyais derrière moi, pourtant, mais non, en fait, ça va vraisemblablement me faire ch*er jusqu’au 11 avril.

- Ai loupé le coche (ô drame, ô désespoir) pour les billets du concert de Mylèèèèèèèène au Stade de France le 12 septembre 2009. En même temps, le 12 septembre 2009, serai-je encore en France, fan de la rousse icône gay, ou même vivant, je vous le demande?? Bon, elle va bien nous ajouter des dates supplémentaires, la vieille, non? Elle a rempli le Stade de France un an et demi en avance en à peine deux heures, alors elle va bien sentir l’opportunité d’en faire un deuxième ou bien?

- Ai raisonnablement bu, le soir, face à des personnes moins raisonnables, dont certaines m’ont lamentablement séquestré chez la grosse Florence à 4 heures du matin. Bonjour la classe!

Samedi :

- Aujourd’hui, donc. Ai été viré de chez la grosse Florence à 11 heures, comme un malpropre.

- Ai tenté de faire acheter une robe de pouffe à Lilibuzz pour le gala (avis aux modasses : où trouver une robe classe + sexy + pas chère ??).

- Ai lamentablement échoué, d’ailleurs.

- Ai aussi échoué à trouver mon futur nouveau costard. Je vis très mal toute cette échouance, comme dirait une ancienne célébrité du loft…

- Vais investir dans des baskets très prochainement, vu que : 1) mes chaussures de ville, deux mois après leur achat, me font toujours mal aux pieds ; 2) c’est peut-être la dernière possibilité que j’ai de porter des chaussures de djeunz en public sans passer pour un stagiaire branleur ; et 3) à Paris, la basket semble revenue en ville, je vais passer pour un provincial pouilleux avec mes chaussures de ville…

- Ai dîné avec des gens affreux dans un resto marocain. Ma vie est un tel calvaire, c’est horrible!

- Suis rentré à 23h20 (bah ouais, séquestré par les autres grosses jusqu’au bout de la nuit, ça m’a traumatisé), pour vous pondre direct un post alors que vous n’êtes même pas là pour le lire. De la véritable masturbation bloguesque. Trop bon, trop con, tiens, vous ne me méritez pas!