5.9.07

Des attributs d'un CV féminin

Ou de la concurrence de séduction au boulot. La solidarité féminine est pour moi une notion bien floue. Déjà parce que je ne suis pas vaginalement équipé, ce qui compromet grandement mes compétences en psychologie féminine. Bah ouais, sans vouloir me la jouer beauf (enfin pas trop), c’est quand même pas pareil d’être un garçon, et certaines réactions de demoiselles me paraissent incompréhensibles lorsque je les observe, alors que je trouverais des excuses explications tout à fait plausibles si des garçons se livraient au même comportement. Je ne suis pas clair, là, non ?

Je m’explique. Je me suis fait cette réflexion suite à une petite conversation avec mes collègues du stage. Deux nanas absolument charmantes, jeunes, jolies, fiancées et pas bêtes, carriéristes mais pas trop. Pas des connasses, quoi. Mais voila t’y pas qu’un CV déclenche l’ire des demoiselles depuis quelques jours. Pour tout vous dire, je ne l’ai pas vu, ledit CV. Mais les employés de la boîte et le boss, oui. Et une divergence se dégage clairement. Une divergence basée sur le sexe, bien sûr.


Il s’agit, d’après mes douces collègues, d’un CV fait sur Excel ("trop naze"), pas conçu très proprement, que la candidate, puisqu’il s’agit d’une fille, a assorti d’une photo perso où elle apparaît en décolleté pigeonnant, avec une moue boudeuse, juste à côté de l’épaule de son copain. En résumé elle est plus jeune, plus jolie et d’apparence plus "liante" que mes collègues. Et bien devinez quoi ? Le boss a bien aimé ce CV et souhaiterait rencontrer la donzelle, tandis que ses collaboratrices ont fermement gentiment essayé de lui faire entendre raison. Les arguments invoqués : il y a déjà une stagiaire qui souhaiterait rester pour un contrat de qualif’ ; de toute façon ce CV il est pourri, cette fille ne doit pas être compétente ; c’est quand même mieux de bosser avec une personne qu’on connaît déjà et avec qui on s’entend ; c’est pas parce qu’elle est bonne jolie qu’elle doit être reçue en entretien (surtout après avoir envoyé un torchon pareil en guise de CV)… Sous-entendu dans tout cela : si tu l’embauches, cette pouffe, on va lui mener la vie dure. Solidarité féminine face aux bonnasses, diront les uns. Esprit vipérin, diront les autres.


Ce qui m’amène à la question suivante : si les hommes sont capables d’embaucher (ou au moins d’accepter de recevoir en entretien, ce qui est déjà énorme) sur critère physique, pourraient-ils comme les femmes envisager de livrer une bataille rangée face à des concurrents plus beaux ? Dans Ally McBeal, le personnage de Nelle Porter a toujours été détesté par toutes les autres femmes du cabinet d’avocat Cage & Fish. Parce qu’elle était la plus douée mais surtout parce qu’elle était dotée d’une chevelure blonde platine magnifique qui faisait fantasmer tout le monde. Sois belle ou intelligente, mais de préférence seulement intelligente parce que sinon ça nous fait de l’ombre. Jamais les hommes ne semblent devoir détester d’avance et par principe le jeune et séduisant loup qui vient leur faire concurrence au boulot. Ils vont à la rigueur le railler un peu sur son inexpérience, mais pas lui mener la vie dure juste parce qu’il s’intègre bien. A moins que je ne me trompe. Alors quoi ? Les hommes sont sympas entre eux et ne réservent leurs coups bas qu’aux femmes : misogynie de base, y a qu’à voir Koh-Lanta, où cette année encore les hommes avaient méthodiquement viré la quasi-intégralité des femmes avant la réunification sous prétexte de leur "faiblesse", sous l’égide du "stratagème" Patrick qui a quand même réussi à se faire virer hier soir en dévoilant sa connaritude au grand jour. A l’inverse les femmes, de leur côté, seraient vaches entre elles en priorité, et moins avec le sexe opposé. Eh beh, il ne fait pas bon être une femme, alors! En guerre avec les hommes, en guerre entre elles. Sympa, la condition féminine.


On exagèrerait pas un chouïa, là, quand même? Je dirais plutôt que ce CV révèle un état de fait difficile à corriger : on attend d’une femme qu’elle séduise, qu’elle aguiche, mais sans sombrer dans la vulgarité, histoire qu’elle ait l’air sérieux. Et la frontière entre bon goût et vulgarité est si ténue… D’un homme, on attend avant tout qu’il ait l’air sérieux. D’ailleurs, je ne pense pas que lorsque j’envoie un CV, je sois retenu sur critère so cute. C’est grâce à mon air de brave garçon à lunettes quasi-anorexique, et parce que les lignes écrites de mon CV ne sont pas dégueu’. Mais une fille qui met une photo moche sur son CV, c’est carrément du suicide! Sa seule option : être jolie ET compétente, au risque de se foutre à dos toutes ses futures collègues qui n’aiment pas trop la concurrence que les hommes soient si terre à terre et superficiels. Bah alors, les filles, faîtes nous une révolution! L'attitude girly, les magazines de mode, le shopping quasi-scientifique, le gloss bouche à pipe... Vraiment, ça vous fait chier que la séduction entre en ligne de compte, qu’elle effectue une sélection? Pourquoi vous vous emmerdez à vous maquiller et à choisir vos sapes le matin, alors?... Pour une simple raison, à mon sens : nous vivons dans une société occidentale qui aime la séduction, les apparences flatteuses, les décolletés pigeonnants et les promesses de la chair, et nous aimons cela. Les hommes, mais aussi les femmes. Dès lors, s'opposer à cette nécessité criante de plaire à tout prix est difficile: la pression est forte, être joli(e) ne gâche rien mais ça nous fait bien plaisir avant tout (et ça aide, ne le nions pas), même si cela nous gonfle de nous soumettre en permanence aux modes et autres émules. Est-ce une chance (si on compare à certaines sociétés bien plus prudes voire réac' à mort) ou une malédiction (si on considère comme beaucoup qu’on s’est perdus dans les valeurs du fric, de la célébrité facile, des strings et des nichons et que c'est pour ça que l'Occident est décadent et gnagnagna), alors là ce n’est pas évident à déterminer.


Mais quand même, mesdemoiselles, acceptez donc de jouer le jeu : après tout, si la candidate à décolleté est vraiment nulle, le boss sera bien assez grand pour le reconnaître, non ?

4.9.07

Playlist été 2007, l'heure du bilan.

Aujourd’hui, c’est la rentrée (enfin, surtout pour les feignasses qui ont eu des vacances, hein), c'est la fin des vacances, l'été qui s'achève tu partiras à cent mille lieues de moi, je fais donc un bilan superficiel au possible : celui de mes tubes de cet été 2007. Ces ritournelles ne m’auront pas fait danser (quoique, seul dans la salle de bains, ça peut compter), vu que je ne suis pas beaucoup sorti à force de trimer comme un galérien, mais elles m’auront trotté dans la tête en ces chauds mois d’été. Musicalement, ce n'est pas le meilleur été de tous les temps, mais je crois qu'on peut dire qu'on s'est amusés. Petite liste non exhaustive.




Amy Winehouse – Rehab

Amy, tu es jeune, tu es blanche, tu chantes comme une black, tu es camée et tu te fais insulter par Paris Hilton : t’as tout compris, tu seras une star. Rehab est accessoirement l’une des meilleures chansons de l’année.


Jehro – Everything

Mélodie mélancolique et délicieuse découverte chez Nagui (en tout cas dans mon cas), ce garçon risque de finir dans les souvenirs underground roots de nos étés, faute de passage en radio suffisamment réguliers. C’est vraiment dommage que ça ne soit pas encore un tube, ça le mérite.



Renan Luce – La lettre

Là, c’est le contraire, c’est du matraquage, on cherche le nouveau Bénabar. A force de se bouffer la ritournelle "Mais moi je suis un homme qui aime bien ce genre de jeu…" cinq fois par jour à la radio, ça finit par rentrer. Mon poussin adore.



Feist – My Moon My Man

Absolument charmant, comment ne pas adorer la petite Feist ?



Timbaland feat. Keri Hilson – The way I are

Le producteur de l’année s’offre un R’n’B psychédélique qui donne envie de se bouger les fesses dès les premières mesures. Justin peut aller se rhabiller. Je pense qu’on n’a pas fini d’entendre ce morceau, qui me soûlera donc inévitablement dans un mois. Une version française passe sur mes radios pourries préférées, avec une dinde qui chante en français le refrain à la place de Keri Hilson, c'est insupportable.


Rihanna – Don’t stop the music

Pas complètement convaincu par Umbrella, je suis totalement emballé par ce morceau, découvert au hasard du net au mois de juin. Répétitif dans sa forme, Don’t stop the music n’en demeure pas moins une bonne chanson bien moite à donner des envies de se frotter à son voisin de dancefloor.


Justice – D.A.N.C.E

Un peu facile, certes, mais les frenchies de Justice ont créé la surprise avec cette petite merveille, on ne le niera pas. Quelques autres morceaux de leur album ne sont pas mauvais, mais celui-ci est de loin le plus accrocheur, le plus "grand public"… et accessoirement l’un des seuls où il y a des paroles.


Koxie – Garçon

Bon, je ne vais pas mentir, c’est le côté un peu risible "féministe du 9-2" qui me fait marrer ici. Niveau texte, ce n’est pas beaucoup plus intelligent ni profond que du K-Maro, mais au moins ce ne sont pas ces espèces de chaudasses de femmes like U en string qui en prennent pour leur compte. C’est gentil, ça mange pas de pain et ça trotte dans la tête : c’est un tube de l’été, point barre. Pas de radioblog ici, mais le clip par là.


Fatal Bazooka - J'aime trop ton boule

Ouais, je sais, c'est la honte, mais le clip me fait hurler de rire, et en plus ça m'a trop aidé pour déconcentrer Cacahuète quand elle jouait au billard chez Lilibuzz...



Beyoncé – Upgrade You

Bon, le dernier album de Beyoncé, B-Day, a fait un bidet (un petit bide, quoi, mouarf), à peine sauvé par le duo tout pourri avec Shakira sur la deuxième édition de l’album. Depuis Déjà Vu, les clips s’enchaînent sur les chaînes musicales (Green Light, Ring the alarm, Kitty Kat…) mais on ne sait pas trop dans quel ordre ils sont sortis, ni même s’ils ont été commercialisés. Du coup, je sors arbitrairement du lot Upgrade You, un duo avec (encore !) Jay-Z, qui a au moins le mérite d’être bien produit.


Zazie – Je suis un homme

Zazie a arrêté de sortir ses chansons en single, parce que de toute façon elle ne vend que les albums. Cette chanson a toute ma sympathie, malgré son côté "air du temps" genre "je critique la pollution, la société de consommation et la méchanceté humaine". Zazie enfonce souvent des portes ouvertes, mais elle le fait avec poésie et jeux de mots qui font mouche, on ne lui retirera pas ça.


Paolo Nuttini – Jenny don’t be hasty

Lui, je l’aime pas, mais cette chanson est une obsession. Je me suis pendant un temps demandé si ce n’était pas du Maroon 5, mais nan, c’est bien le merdeux qui braillait Last Request l’hiver dernier (rhooo, ça va, hein, il n’a que 20 ans, il est né en 1987, si c’est pas déprimant, ça). On n’aime pas forcément ceux qui nous chantent nos tubes de l’été, hein.


Manu Chao – Rainin’ in Paradize

Bon, je l’ai déjà mis en bas d’un post il y a quelque temps, mais je le remets pour la forme. Je ne suis pas un inconditionnel de Manu Chao, mais là, c’est dynamique et frais comme à l’époque de la Mano, sans faire dans le pseudo roots gnangnan que je lui reproche parfois. Vraiment très bien.



Christophe Willem - Double Je

Facile, une nouvelle fois, mais bon, c'est vrai que ce garçon n'est décidément pas désagréable à écouter. Pas convaincu par ses deux précédents singles, pourtant, mais là la mayonnaise prend. Pour une fois qu'un grand maigre à lunettes est hype, je vais pas bouder!



Verka Serdiuchka - Dancing
Souvenir de l'Eurovision. Le pire, c'est que ça marche... J'adore, bien sûr.

3.9.07

L'homme de l'Atlantide


Je ne pouvais pas ne pas l'évoquer ici, vu que j'en étais lecteur assez régulier (grâce à kiki33) et que sa disparition va aussi faire disparaître un des liens de ma colonne de gauche (ou de droite, je ne sais plus, à force de changer de modèle): le blog NRV de Guy Birenbaum, qui était hébergé par le site Internet de 20 Minutes, s'arrête ce lundi 3 septembre. En ces mois estivaux où je suis enclin à l'anorexie de polémique, la diète de politique, quasiment la disette intellectuelle, ce blog était resté un de mes fragiles liens avec mes études, les polémiques, les questions de critiques et d'honnêteté intellectuelle, l'actualité foisonnante de notre über Président, et le reste... Une sorte de paradis perdu de la discutaille de gauch(ist)e sur Internet, où les avis n'étaient pas toujours pertinents mais où l'on pouvait toujours se défendre et s'expliquer. Je n'ai personnellement jamais commenté sur ce blog, ne considérant pas mon avis comme particulièrement éclairé et n'ayant pas envie de passer mes journées à polémiquer stérilement avec de parfaits inconnus. Il n'empêche que lire les articles et leurs commentaires (si nombreux qu'ils donnaient plutôt l'impression d'un forum), était souvent instructif, drôle et ne mangeait pas de pain. Ce n'était pas du Garrigou, du Lazarsfeld ou du Ramonet, mais ça donnait à réfléchir.
Autant dire que je perds du même coup un sacré support pour cette dernière année scolaire que, dans quelques lointains jours, je vais entamer avec mes camarades rois du "je ne suis pas d'accord avec toi, même quand je le suis". Dommage, c'était moins chiant que le Pierre Pactet...