
Alors Marie-Ange Nardi, c'est un peu à l'animation télévisée ce que Shania Twain est à la chanson (Shania qui??): elle est plus toute jeune, elle ne sert pas à grand'chose, mais comme elle est sympa et plutôt décorative on la garde. C'est comme ça que depuis 20 ans, elle a fait son trou à NotrePays Télévisions, enchaînant les rôles de speakerine, d'animatrice "vedette" (toutes proportions gardées, hein) et de faire-valoir de mecs pleins de charisme genre Patrice Laffont. Et par-dessus tout, ce qu'il faut retenir, c'est sa grande période de gloire, en gros 1996-2000, avec l'émission cultissime de mon collège, juste après les Minikeums sur la 3 et juste avant Melrose Place sur la 1: Qui est qui? Y'a pas à dire, ça c'était de l'émission culturelle, ça déchirait. En gros, t'avais trois candidats tirés au sort dans le public, qui devaient deviner les jobs respectifs de six personnes totalement inconnues. Il y avait une mise en situation de chacun des métiers, et il fallait choisir la bonne personne parmi les six pour la voir à l'œuvre, et ainsi être sûr(e) ou presque de lui attribuer son vrai job à la fin. Vous comprenez?? Parce que j'ai l'impression qu'à lire, c'est relou...
En résumé, à la fin, un des candidats était sauvé par le public (eh ouais, prémisse de la télé-réalité avant l'heure, comme pour Je passe à la télé: mine de rien ils étaient vachement early adopters sur le service public à cette époque): en gros, celui qui avait choisi de mettre des candidats à ce qui semblait être leur vrai poste recevait le plus de voix. C'était démocratique et carrément scientifique, c'était beau. Et pour mettre un peu de piment dans tout ça, il y avait Pépita, une fausse ingénue black totalement filiforme (probablement une comédienne qui cachetonnait), qui animait les fausses épreuves et les résultats finaux. Inouï, n'est-ce pas??! Bon, ok, c'était nul, mais franchement, ils auraient appelé ça Le Jeu des métiers, ça n'aurait pas eu la même aura, avouez.
Donc, Marie-Ange Nardi, c'est un peu l'âme (et non pas le fantasme, ne rêvez pas) de mon adolescence télévisuelle. Par ailleurs, elle faisait la potiche qui énumère les mots dans Pyramide, et elle a repris La Cible quand le body-buildé Olivier Minne a arrêté l'émission. Et puis, peu à peu et mine de rien, elle est moins apparue à la télévision au fil du temps. Le jeu de 17h30, c'est un créneau vachement dur, pour une femme, dans la grille des programmes, c'est pas comme une matinale où tu peux vieillir tranquille façon William Leymergie ou Sophie Davant (d'ailleurs, arrêtez de me réclamer Sophie Davant nue ou dans des tenues de lingerie indécentes, ce n'est plus de son âge!). Donc, à force de trimballer le brushing de Bernadette Chirac et de ne pas passer par la case botox, v'la t'y pas que Marie-Ange Nardi a fini par se retrouver à animer le Millionnaire, chaque midi, pendant environ 4 minutes de glamouritude absolue ("Guy nous vient de Bagnères de Bigorre, il a cinq petits enfants et il aime la pêche! Comment allez vous, Guy?... Super. Allez, Guy, on tourne la roue?... 20.000 euros c'est une très belle somme!"). La gloire, quoi. Du coup, comme ça sentait un peu le placard pour elle, telle Moïse ouvrant la Mer Rouge, elle a fui sur Té-effe-un, dans l'espoir d'un avenir meilleur. Mais bon, elle a un peu pris un poste en placard bis, j'ai envie de dire. Pour la staritude du télé-shopping, on repassera. Mieux payé, peut-être? M'enfin, à sa place, j'aurais quand même négocié la case de Lagaf'... euh, non, pardon, peut-être celle de Jean-Luc Reichmann, alors?